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Le Parlement Panafricain pour consolider les
assises de la Démocratie en Afrique
Cinq ans
après la création de cet organe consultatif de l’Union Africaine (UA), le parlement africain ou parlement panafricain entre progressivement dans sa phase de mutation en véritable organe
législatif...
La guerre en Afghanistan finira t-elle en 2011?
Le 1er décembre. 2009 le président des États-Unis, Barak Obama, a
annoncé le déploiement d’un nombre additionnel de 30.000 soldats américains en Afghanistan...
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Ainsi, c’est dans la terreur que les guinéens ont vécu les festivités de Noël et accueilli l’an 2010.
La crainte
d’autres évènements meurtriers … disent-il en majorité. Cela rappelle certaines autres
fins d’année sous le régime militaire précédent. On se souhaite la bonne année au téléphone. Les projets pour le nouvel an se résument à : faire attention. La Guinée n’en finit
pas avec ses années de tous les dangers et ses guides qui perdent le nord à la croisée des chemins … Imperturbable, le procès du temps se poursuit nonobstant: Une année finit, une année commence.
L’année qui finit a été
pour les populations, une année de calvaire. En effet, l’année 2009 est celle qui a vu la décadence d’une dictature déguisée et son achèvement sur des fonds nébuleux. Mais il aurait pu être
aussi
simple que celui de la mort naturelle d’un homme. Le dernier soupir
que chacun devrait accompagner avec contrition. Question d’éthique mais aussi d’étiquette. Malheureusement, comme en avril 1984, l’armée guinéenne se prévalant d’une autre forme de morale n’a
considéré que le moment propice pour une prise de pouvoir.
L’année qui finit est donc témoin de cette démarche et des conséquences néfastes qui en ont découlées. L’année 2009, fut celle des blessures profondes que les populations guinéennes n’avaient auparavant jamais subies. Meurtres et viols publics orchestrés par la junte militaire ont assombri son quotidien, marquant cette année d’une flétrissure indélébile pour les guinéens et ceux qui chérissent les idéaux de paix, de justice, de liberté, et de respect des droits humains. Ce fut donc l’année du triste recueillement dans les cimetières et les hôpitaux mais aussi auprès de ceux et celles qui ne s’en remettront jamais.
Assurément, au cours de cette année fatale, c’est avec une méconnaissance totale de l’histoire de la politique de la terreur qu’une junte issue de l’armée guinéenne s’est emparée du pouvoir. Simplement parce que la longue corruption d’un régime avait affaibli les capacités de réaction d’un État longuement en phagocytose. Mais cette année est aussi celle de personnalités dont les fautes ont marqué l’histoire du pays et l’ont conduit dans la tourmente militariste.
Le jeu d’influence des barons autour d’un pouvoir personnalisé en phase de déclin est le premier acte de déstabilisation et de mépris pour les institutions nationales et les populations guinéennes. Ces personnalités sont connues et certaines ont trouvé refuge dans les nouveaux partis politiques, harnachés pour la conquête du pouvoir. Au centre, un homme effacé mais inoubliable : la responsabilité du premier Président de la Cour suprême est à considérer. Le refus de Maitre Lamine Sidimé de reconnaitre la vacance de pouvoir a été un potentiel d’encouragement au coup d’État du 23 décembre 2008. Il doit répondre à la simple question : pourquoi avoir refusé de reconnaitre la vacance du pouvoir pour impulser la légalité constitutionnelle et institutionnelle? Une armée au pouvoir par la force des armes vaut-elle mieux qu’une Assemblée nationale en retard de renouvèlement de mandat? Nous avons l’amère réponse.
L’année 2009, avec ses nuages, fut aussi celle qui a produit un phénomène surprenant, peut-être unique
en Afrique : la ruée soudaine des anciens hauts
fonctionnaires de l’État sur la scène politique. Quatre anciens des sept premiers Ministres du Général Lansana Conté s’y retrouvent dans différents partis politiques. Le flot pousse le nombre de
partis politiques à la centaine. De nouvelles personnalités politiques émergent, certes,
et redynamisent la scène politique. Mais le fait est lourd de signification pour les partis politiques qui avaient combattu le régime de Lansana Conté et la confiscation
du pouvoir. L’explication est pourtant simple comme le souligne O. Tity faye dans « Guinée-Chronique d’une Démocratie annoncée – P.52, P89 –éd. Trafford publishing et
L’Harmattan».
En effet, depuis 1992, les partis politiques ont toujours considéré les travailleurs comme un électorat négligeable
qu’ils pouvaient contourner allégro. Mauvais calcul dans un
pays où le secteur privé est sans structure définie et dépend du secteur public de l’État. Le vote du fonctionnaire influence le vote de ses parents paysans qui en dépendent, faute de
développement agropastoral. Ceci est un facteur explicatif du refus des hauts fonctionnaires à intégrer des partis politiques qui, du reste, ne leur ont jamais fait d’appel. L’autre facteur
explicatif est la poursuite de la guerre des barons, autour du Général Lansana Conté, sur le terrain politique.
En cette année 2009, Michael Jackson mourrait après avoir donné des leçons d’humanisme (we are the world-Nous sommes le monde; Don’t stop till you get enough- Ne t’arrête que quand tu obtiens à suffisance, etc.) que nos leadeurs n’ont certainement jamais écouté. Paix à son âme. Barack Obama – américain-kenyan (africain) – a obtenu le prix Nobel de la paix en dirigeant le pays le plus puissant du monde, Les États-Unis d’Amérique sans que nos leadeurs et nos militaires ne songent à suivre ses traces en plébiscitant les idéaux et les règles de la Démocratie.
L’année qui finit doit transférer les réponses aux questions non répondues pour une projection en rupture et en continuité avec l’année qui commence. La rupture avec les évènements de l’an 2009, est une nécessité des plus incontournables. C’est avec une parfaite ignorance de la géopolitique et de l’évolution politique africaine et universelle que la junte militaire s’est autoproclamé à la tête du pays. D’où la planification d’actions de répressions en une période où les principes de démocratie et de respect des Droits de l’homme sont en voie d’intégration dans les pratiques nationales, sous-régionales et internationales. Les massacres du 28 septembre ne constituaient qu’un pan d’une opération de razzias et de viols destinées à montrer l’incapacité des forces vives nationales à assurer la sécurité donc la gestion du pays. La junte militaire en Guinée a livré le pays, en pâture, à des professionnels de la terreur de masse. Il a été question des mercenaires venant d’Afrique du sud depuis leurs avant-postes d’Abu Dhabi. L’on a parlé de la Mafia ukrainienne pour l’achat des armes suite à l’embargo de la communauté internationale.
Le ministre de la défense – en remplacement du Capitaine Dadis - a reconnu dernièrement l’existence de soldats « indisciplinés ». À l’arrière-plan, il faut certainement voir les anciens rebelles du Libéria et de Sierra Léone, cooptés par les uns et les autres pour leur propre sécurité intérieure ou à des fins d’anarchie en cas de perte totale du pouvoir.
Leurs commanditaires savent-ils vraiment ce qu’il va leur en couter de l’avoir fait? Au cas où la crise militaire déclenché le 3 décembre 2009 - avec les échanges de coups de feu qui ont causé l’inaptitude du chef de la junte – se poursuivait les risques de dérapages incontrôlés sont immenses. D’abord, ils seront pris dans un engrenage qui ne va épargner ni eux-mêmes ni leurs familles. Ils deviendront à leur tour des otages de personnages qui sont passés maitres dans l’art de l’assassinat, du meurtre, et des magouilles internationales. Car ces hommes trouveront insuffisants les maigres salaires qu’ils vont leur offrir ainsi que les prix modiques pour l’achat des armes. Alors ils voudront se faire payer – PLUS - par le bradage des richesses naturelles du pays. C’est là le vrai danger non pas au niveau des représentants de la Cedeao de l’Union africaine et de la communauté internationale ou encore du Tribunal pénal international.
D’autres professionnels de la terreur en costume de soie vont s’immiscer dans les milieux des affaires et de l’administration pour établir un pouvoir au dessus du pouvoir que recherchent Dadis et le Cndd. Cela vient de commencer avec l’échec retentissant des autorités militaires à mettre aux arrêts l’aide de camp, Toumba Diakité, qui a tiré sur le chef de la junte, Dadis Camara. Le recherché dont la tête est mise à prix pourrait bien être avec les troupes de mercenaires que l’armée guinéenne n’ose pas affronter, pour le moment, par peur de dommage collatéraux irréparables. Il pourrait tout aussi bien être avec les militaires loyalistes fidèles à la mémoire du Général Lansana Conté. En plus d’être devenue une plateforme pour la drogue, la Guinée deviendrait, entre autres, un point de blanchiment de l’argent de la contrebande d’armes. Mais il y a une nouvelle année qui a commencé porteuse de changement.
Avec l’année qui commence, ce sont les fléaux que la junte se doit d’éradiquer pendant qu’elle négocie avec les forces vives. En réalité, les négociations n’ont aucune véritable valeur d’application tant que les militaires guinéens ne liquident pas, eux-mêmes, l’anarchie qu’ils ont crée en s’emparant du pouvoir au détriment du renforcement des institutions nationales. Clairement exprimé, il serait impossible de mettre en place un gouvernement de transition stable, d’organiser des élections viables, d’assurer la sécurité des populations, tant que les fractions militaires survivent en reposant sur des mercenaires dénués de fibre patriotique. Sans accès au pouvoir, le Cndd sait très bien que ses propres forces de répression se retourneraient contre elle. Or un accès autorisé au pouvoir doit passer par l’élimination conséquente des fléaux entretenus au cours de l’an 2009.
En 2010, c’est le défi à relever par le remplaçant du capitaine Dadis Camara, le Général Sékouba Konaté. Rassembleur, il pourrait taire les contradictions au sein de l’armée sur des bases moins épicuriennes que celles connus jusqu’alors. Sinon, il faudrait craindre le déclenchement des hostilités réelles par la bande à Toumba et d’autres. L’accusé récuse sa responsabilité en déclarant avoir reçu l’ordre de son supérieur hiérarchique, le capitaine Dadis Camara, de diriger les horreurs commises au stade de Donka, le 28 septembre 2009.
L’année qui commence pourrait, également, être pour les populations guinéennes, les institutions nationales, dont les partis politiques et l’armée, une année de reconversion bénéfique. Il suffit de faire des principes et idéaux de démocratie, un bréviaire dans les actions et les réflexions quotidiennes. Ce bréviaire, comme les dix commandements de Dieu, a l’avantage de ne pas être une idéologie particulière d’un parti politique, d’un homme ou d’une entité spécifique. Il s’agit d’un mode de vie dans laquelle l’on s’évertue à faire en sorte que le pouvoir soit exercé par et pour le peuple à travers ses représentations que sont la Constitution nationale et les institutions qui en découlent.
L’année qui commence pourrait, aussi, être celle d’un geste politique remarquable, sans précédent, et rassurant de la junte militaire guinéenne : démilitariser le pays et mettre fin à la suspension des institutions nationales sous la condition expresse d’une révision immédiate de la Constitution.
L’arme au poing, nul n’est à l’abri. Survivra qui tirera le premier. Que cela soit écrit et accompli. Tous mes vœux de libération aux populations guinéennes.- O. Tity Faye.