Partager l'article ! Élection présidentielle en Guinée : Pourquoi ne publie t-on pas les résultats par préfecture et par région naturelle ?: Il important de pub ...
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Il important de publier préfecture par préfecture les résultats des élections
présidentielles du 27 juin 2010 en Guinée, afin que chacun prenne leçon. Ceci est une nécessité incontournable. Le peuple de Guinée doit savoir comment il a voté ou comment on l'a fait voter.
Chacun doit savoir que par son vote il s'exprime en tant que citoyen d'une nation. Il n'y a pas de citoyen de préfecture ou de région géolinguistique. Les Guinéens en ont –ils conscience ?
Apparemment non ! Nous sommes en classe, c'est le moment d'expliquer la leçon avec des exemples concrets. Ce ne sont pas les félicitations pour la discipline le jour des élections qui importent
mais le contenu du vote et sa signification.
Voilà que surgit encore, et toujours, la question de la nécessaire éducation des populations par les partis politiques afin qu'elles approprient les principes et idéaux de la Démocratie. À ce propos l'on a tendance à opposer la barrière linguistique ou le niveau d'alphabétisation des populations. Ceci relève d'une paresse politique, pour ne pas dire une ineptie politique pour favoriser l'ethnostratégie politique. Le Français n'est qu'une langue de travail en Guinée. Les langues de communication courante sont celles que parlent les populations dans leurs localités.
Par contre, ils ont pu communiquer avec ces populations pour promouvoir le vote ethnocentrique. La seule idéologie qui semble avoir prévalu au cours de l'élection présidentielle du 27 juin 2010 est de contenu ethnopolitique. Les mots d'ordre ont été « Vote pour ton ethnie sinon tu es en danger » ou « Quiconque vote en dehors de notre ethnie en sera exclue. Nous n'assisterons pas à tes cérémonies familiales tels que baptême, mariage, etc. » Le discours porteur dans les communautés appauvries qui composent la majorité des populations guinéennes.
En l'absence de toute éducation politique, une telle stratégie est facile à mettre en œuvre. Mais personne ne peut prétendre l'utiliser pour gouverner un pays qui a plusieurs composantes ethniques. En effet, après de tels mots d'ordre d'exclusion des autres, favorisant l'action concertée d'une ethnie en soi, comment convaincre les autres de rejoindre une cause qui ne reflète absolument pas les leurs ? Lorsqu'on y échoue il ne faudrait pas crier au rejet. Il s'agit d'une réaction normale que commande l'instinct grégaire. On ne suit pas une majorité qui exclut car sa finalité est de se retrouver minoritaire face à une coalition de protection. Pourtant, il est toujours possible de faire les ralliements qui s'imposent. Il faudrait alors passer par un mea culpa en forgeant un discours politique qui efface les l'impression ou la réalité de l'exclusion des autres. Un gage ! Un exercice périlleux.
Ceci dit, les leadeurs politiques guinéens comptent-ils entrer dans l'histoire sous la bannière ethnocentrique ? À l'issue des résultats des élections du 27 juin 2010, c'est l'interrogation qui traverse l'esprit. Mortifiant. On avait cru que la démilitarisation du pays sonnerait l'éveil nationaliste. On s'est convaincu que les uns et les autres sacrifieraient à la nation afin de sortir le pays du marasme. On avait donc cru que les 120 partis politiques étaient l'expression d'une volonté de participation à la vie nationale sur la base d'une consultation élargie. D'où la nécessaire option de la négociation en derrière instance
La réalité montre autre chose. La multitude de partis politique est l'expression d'une division ethnocentrique exacerbée. En plus de la caractéristique régionale que l'on connaissait à cette stratégie politique en Guinée, elle s'exprime, désormais en sous-divisions, par préfectures, localités, groupements de villages et s'est étendue sur l'appartenance linguistique. Les votes se sont effectués en fonction. La publication des résultats par préfecture pourrait en donner la preuve pour que chacun comprenne qu'il a exclut le voisin.
Il est simplement incroyable que des préfectures entières votent à 100 % pour un leadeur politique comme s'il était leur chef de village. Même les chefs de village n'ont jamais acquis une telle unanimité. Il est tout aussi bouleversant que dans une même région naturelle les partitions de vote soient fonction de l'homme du terroir. Ce sont là, les effets pervers d'une « transition apaisée » qui a voulu satisfaire tout le monde, en ignorant les malentendus et en évitant de faire face aux problèmes. Les maux d'antan ont été reconduits dans le moule d'un compromis qu'on a voulu faire passer pour « l'union sacrée ». Une telle attitude ne promet pas de lutter contre la corruption et le laxisme administratif après les élections ? Au contraire, ils vont permettre de distribuer des récompenses. Répétition : c'est aussi une conséquence du multipartisme sauvage qui, à la longue, dénote de la faiblesse de l'autorité de l'État à travers ses institutions et de ses capacités organisationnelles.
Avis aux autorités de la transition en Guinée : derrière la façade du consensus politique pour la formation du gouvernement d'union nationale de transition et la création du Conseil national transitoire, d'autres mots d'ordre ont été donnés. Il est impératif de le dénoncer et de prendre les mesures adéquates.
Élu grâce au jeu ethnocentrique, le nouveau président de la Guinée va-t-il négocier les richesses du Mont Nimba, du Fouta, de la Basse cote ou de la Haute Guinée au nom de son ethnie ? Comment clamer à la face du monde être un président de la République élu grâce au suffrage ethnique et bénéficier du respect de ses pairs ? Généralement, ces derniers ont pour paramètres et références politiques les débats concernant les projets de société et programmes des républicains, des démocrates, ou des socialistes, de la Droite, de l'extrême droite, la Gauche ou des nouveaux démocrates, etc. Ce genre de débats politiques languis en Guinée au profit de l'ethnostratégie politique. Et, on se défend en utilisant les mauvais exemples … Ou on accuse les populations d'être immatures, parce qu'on a été incapable de leur apprendre quoi que ce soit. « On va collaborer avec tous les Guinéens patriotes », entend t-on dire. Comment et au nom de quoi ? De la suprématie de son ethnie ? Saupoudrage.
Apparemment, comme pour les régimes précédents ces questions n'embarrassent personne pour le moment. L'important, c'est d'être au pouvoir même sans consensus national et sans aucune crédibilité future auprès des partenaires internationaux dont les émissaires scrutent le processus électoral. Pourvu qu'on soit président et qu'on meurt président … Et que parents et amis soient aux affaires … Une Démocratie piégée génèrent des conséquences inattendues. Que cela soit écrit …