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Le Parlement Panafricain pour consolider les
assises de la Démocratie en Afrique
Cinq ans
après la création de cet organe consultatif de l’Union Africaine (UA), le parlement africain ou parlement panafricain entre progressivement dans sa phase de mutation en véritable organe
législatif...
La guerre en Afghanistan finira t-elle en 2011?
Le 1er décembre. 2009 le président des États-Unis, Barak Obama, a
annoncé le déploiement d’un nombre additionnel de 30.000 soldats américains en Afghanistan...
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Une Révolution en
vareuse vert de gris
Mardi, 05 Janvier 10 - Le Général Sékouba Konaté, revenu d'un voyage, organise une réunion des membres du Cndd avec les États major interarmes. Objectif : se confirmer comme président intérimaire du Cndd. Des rumeurs et des prises de positions partisanes avaient bourgeonné au sein de la junte militaire depuis l'incident du 03 décembre 2009 au cours duquel le capitaine Dadis Camara – alors chef de la junte et président autoproclamé – était tombé, gravement blessé, sous les balles de son Aide de camp, le lieutenant Aboubacar Toumba Diakité.
Mercredi 06 janvier 10 – Le Général Sékouba Konaté impose son autorité et devient Président par intérim du Cndd. Il annonce, dans son discours radiodiffusé, la relance de la transition démocratique. Un discours qui va à l'encontre de ce qui a été vécu jusque-là. « Nous décidons du choix d'un Premier ministre issu de l'opposition, désigné par elle-même, et qui engagera avec l'ensemble des couches sociales et politiques du pays des discussions et consultations, pour la mise en place d'un gouvernement d'union nationale de transition». Déclare t-il. Dans sa lancée, il engage les responsabilités de chaque acteur : «Le temps et les modalités pour y arriver, la composition de cette nouvelle équipe basée sur l'unité dans la diversité incombent désormais à toutes les parties concernées, que j'invite à tout faire pour ne pas imposer au pays une attente longue et interminable». Il fait aussi cette mise en garde : «la communauté internationale nous presse de hâter le pas et attend de notre part des progrès significatifs ».
La promesse est faite d'assurer la sécurité des leadeurs politiques à moitié exilé, à leur retour en Guinée. Après la vague de terreur et d'atteintes physiques dont ils avaient été victimes. L'homme s'émeut, dénonce, et condamne, les dizaines de morts et de blessés ainsi que les viols commis sur les femmes. Le nouveau leadeur du Cndd lance, également, un appel à la diaspora guinéenne, dont certains sont des réfugiés du régime précédent, pour reconnaitre la légitimité de leurs sentiments de frustration et d'insécurité. Enfin par sa voix, le Cndd et son gouvernement s'engagent à assurer la sécurité de tous.
Mais pour l'instant, il n'est pas question de sanctions ni de tribunal militaire pour trouver et juger les criminels au sein de l'armée guinéenne. S'en remet-il à la communauté internationale à travers le Tribunal pénal international ? Ou bien, priorise t-il : la transition et l'ordre constitutionnel, d'abord ?
7 Janvier 2009 – La communauté internationale réagit. Elle soutient le nouveau projet du Général
Sékouba Konaté qui semble aller dans le sens de la normalisation de la vie nationale. À Washington, selon l'Agence France presse (Afp), Les autorités américaines
manifestent leur satisfaction vis-à-vis des propositions faites par le nouveau chef de la junte au pouvoir en Guinée. Le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, assure que son
gouvernement apportera les soutiens nécessaires si « les progrès allaient dans les sens de la mise en place d'un gouvernement civil ».
Le Royaume
du Maroc par un communiqué du ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération, déclare : « le Maroc se félicite de la décision(…) de nomination immédiate
d'un Premier ministre, issu des forces politiques, pour conduire un gouvernement transitoire d'union nationale ».
Le ballet diplomatique international qui a joué ses partitions à Rabat, a permis au Général Konaté, d'avoir des échanges fructueux avec les autorités politiques françaises, américaines, et marocaines, dépêchées par leurs gouvernements respectifs. Il est important de mentionner le secrétaire d'État-adjoint pour les Affaires africaines des États-Unis, Johnnie Carson et Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française qui interpellent, alors, les forces vives guinéennes à exploiter l'opportunité offerte.
En Guinée, le tout nouveau tribun de l'armée, le Général S. Konaté, déclare qu'il attend : "une réaction très saine de la société guinéenne qui se manifeste par un soutien des forces vives, des syndicats, une manifestation populaire pour sortir de cette crise".
Au sein des Forces vives de la nation, les réactions ne tardent pas. Hadja Rabiatou Serah Diallo, leadeur de la Cntg (Confédération nationale des travailleurs de Guinée), exprime un sentiment d'espoir mêlé d'appréhension en rapport avec les pemières promesses non tenues du capitaine Moussa Dadis Camara. Le porte parole de l'opposition, Jean Marie Doré, président de l'Union pour le progrès de Guinée (Upg) apprécie l'évènement en ces termes : « C'est un excellent discours fait par un officier de valeur. Je suis sûr qu'il va gérer la transition avec beaucoup de talent et de compétence. Il va assurer tranquillement la transition en restructurant l'armée et la caserner dans les camps militaires.
Il va organiser des élections transparentes et remettre le pouvoir à un civil élu. La communauté internationale doit le soutenir et
l'encourager à atteindre ce but ».
8 Janvier 2009 – L'on se demande – comme d'habitude – qui va être le Premier ministre de transition ? Serait-il un des leadeurs des partis
politiques ou des centrales syndicales ou de la société civile. Les conjectures vont bon train. Entretemps les tentatives de déstabilisation n'épargnent pas le révolutionnaire à la vareuse vert
de gris, le Général Sékouba Konaté. Soudain des rumeurs font état de son évacuation, pour raison de santé. Les médias les ébruitent mais ne confirment pas. Le scénario
avait-il pour but de favoriser le retour des militaires militaristes à l'avant scène ? Évidemment ! Ils réclamaient déjà, en sourdine, le retour du capitaine Dadis Camara. Il fut même
question de trancher entre deux candidats à l'intérim de l'intérimaire : le Commandant Claude Pivi et le Général Mamadouba Toto Camara, l'un des vices Présidents du Cndd. Coup d'épée
dans l'eau ! Le Général Sékouba revient sur scène avant que la cavalcade commence.
Mardi 12 à mercredi 13 janvier 10 – Coup de théâtre : Après un mois de soins intensifs, mais bien avant sa remise complète et une convalescence suivie, l'ancien chef de la junte le capitaine Dadis Camara est dans l'obligation de quitter le Maroc. Il y avait été évacué suite aux balles reçues au camp Koundara, le 3 décembre 2009. La destination divulguée : le Burkina Faso, sur requête des autorités marocaines, dit-on. Celles-ci n'avaient ni apprécié ni oublié le lèse-majesté diplomatique avec lequel le capitaine de la junte guinéenne s'était retrouvé dans un hôpital militaire marocain. Il rendait la monnaie en n'avertissant pas les autorités guinéennes de leur démarche. Le Maroc a rempli son mandat humanitaire, souligne son ministre de la Communication, Khalid Naciri : « Il a accompli son devoir (et) n'a pas de comptes à rendre à ce niveau ». Affirme le ministre marocain à la presse.
L'Afp rapporte que le ministre burkinabè des Affaires étrangères de son coté, Alain Bédouma Yoda, a déclaré que le Burkina a dû recevoir le capitaine Dadis, à son corps défendant.
Un encombrant colis dont le Maroc s'est débarrassé ?
La menace du Tribunal pénal international pèse sur le capitaine Camara et certains autres officiers militaires et ministres de con gouvernement depuis les évènements meurtriers de septembre 2009, à Conakry.
Celui qui - galvanisé par ses « talkshows télévisés » - avait mis sur la sellette le destin d'un peuple continuera, sa convalescence à Ouagadougou. Diminué. Il avait fait la sourde oreille aux requêtes nationales et celles de la communauté internationale, pour un retour à une vie constitutionnelle normale dans son pays. Ou alors le voulait-il à sa manière, selon ses critères en propre et des paramètres personnalisés. Par principe ou par amitié, le Général Konaté fait le déplacement à Ouagadougou pour une visite. Elle va se transformer en un débat tumultueux, entre fractions militaires guinéennes, au cours de laquelle le destin de la Guinée se détermine.
Rumeurs et humeurs - Mercredi 13 janvier 2009 – En effet, À Conakry les fidèles du capitaine Dadis bougent au sein de l'armée. Les rumeurs sur l'envoi d'une délégation du Cndd à Ouagadougou pour ramener le capitaine blessé au bercail, circulent. Le nom de M. Jean Marie Doré est cité par les Forces vives pour être le Premier ministre de la nouvelle transition « apaisée ». Choisi Primus pares. Mais le leadeur de l'Upg, comme à l'accoutumé, fait encore des siennes en posant des conditionnalités ! Les deux rumeurs vont devenir réalité.
Jeudi 14 janvier 2010 – Alors que le Général Sékouba Konaté était reçu par le chef de l'État burkinabé, Blaise Compaoré, M. Jean Marie Doré posait une condition inacceptable à sa désignation comme Premier ministre de la transition : la suppression de la clause qui interdit à ceux qui conduisent la transition, en particulier le Premier ministre et son gouvernement, le Cndd et l'armée, d'être candidat aux élections qui en résulteront ! C'était la raison principale de la brouille entre les Forces vives de la nation et le capitaine Dadis Camara. Cette question et le coup d'État du 23 décembre sont à la base de la crise guinéenne.
À Ouagadougou, les entretiens entre le Général Sékouba Konaté et le médiateur mandaté par la Cedeao s'amorçait. À Conakry, en Guinée. Une rencontre extraordinaire du collectif des membres du Cndd élargie aux différents chefs d'État-major des armées se tenait au camp Alpha Yaya Diallo, Quartier général de la junte. Elle est placée sous la coprésidence du commandant Claude Pivi et du lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara. Des férus du militarisme et du pouvoir selon Dadis. Il en découle une déclaration qui plante le décor d'une nouvelle crise militaire.
Le communiqué publié reflète la décision des membres du Cndd, présents à cette réunion. L'information capitale est de ramener le capitaine Dadis Camara. Rejet de l'intérimaire ?
Le collectif déclare, être fidèle à l'esprit du discours du général Sékouba Konaté, le 06 janvier 2010. Les participants à cette réunion soulignent que ce discours a été rédigé en commun accord avec le capitaine Dadis, à Rabat, et vise l'organisation rapide des élections libres et transparentes. La raison du soutien ? Mais alors pourquoi un remue-ménage alors que le président du Cndd pouvait décider de revenir à Conakry, si sa santé le lui permettait ? Ou bien s'agissait-il de déstabiliser l'intérimaire qui était déjà dans la capitale Burkinabé ?
Les réactions ne se font pas attendre et lèvent le voile sur les prises de positions au sein de l'armée. Quatre jours après l'arrivée du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et celle du Général Sékouba Konaté à Ouaga, le mouvement de mobilisation « Dadis ou la mort » -assagi depuis les évènements du 3 décembre - refait surface à Conakry. Mais cette fois, il a en face non plus seulement des civils mais aussi des militaires fidèles au Général Sékouba Konaté et à ses aspirations. Qu'est-ce qui a été le détonateur ?
La fraction militaire qui veut la prise en otage du pouvoir par l'armée, souhaite le retour du capitaine Dadis et la fin de l'intérim du Général Sékouba Konaté. Pourquoi ? Du moment que le capitaine Dadis n'a plus les aptitudes nécessaires, momentanément ou pour toujours, de négocier la transition guinéenne ?
Le feu encercle la poudrière ! Tout porte à croire que les militaires fidèles au Général Sékouba Konaté s'opposent à la confiscation du pouvoir. Partant, on en arrive aussi à se poser des questions sur les véritables motivations de la prise du pouvoir, le 23 décembre 2008. Un groupe de militaires qui a voulu, à sa manière, faire entendre et respecter la grande muette en Guinée ? Les fils émérites qui, en un moment décisif, surgissent pour la préservation de l'honneur de la patrie ? Il leur faudra témoigner, expliquer, se contredire, afin que l'histoire en retienne quelque chose.
Des actions répréhensibles ont meurtri le peuple de Guinée. Sinon quoiqu'il arrive en fin de compte, l'intermède n'aurait été qu'une rupture brutale d'un processus qui – au demeurant – aurait pu se corriger sur le parcours. Un autre débat.
En attendant, les protagonistes rivalisent tout au long du scénario. Le commandant Jean Claude Pivi prend l'initiative de l'envoi d'une délégation du collectif militaire à Ouaga. Elle est composée du Colonel Sow, Secrétaire permanent adjoint du Cndd, du colonel Alpha Diallo, chef d'État major adjoint de la marine, du colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la Santé ainsi que le commandant Issa Camara, ministre de la défense par intérim.
À l'aéroport de Conakry-Gbessia et dans les casernes militaires, deux factions militaires s'observent. Chacune attend les ordres d'une de leurs autorités : le camp Dadis et la frange révolutionnaire du Général Sékouba Konaté.
Vendredi, 15 janvier – Les manifestations de soutien des populations au Général Konaté se développent. Leurs rangs grossissent en variables géographiques dans la capitale guinéenne.
Le même jour, l'on annonce la visite, à Ouaga, du président de la Commission de la Cedeao, M. Ibn Chambas et du ministre des Affaires étrangères du Nigeria assumant la Présidence de l'Organisation sous-régionale. À Conakry le mouvement contre le retour du capitaine Moussa Dadis atteint une proportion à la mesure du mouvement contre sa candidature aux élections présidentielles en Guinée. Apparemment, il est rejeté comme leadeur du mouvement qui va à l'encontre d'une transition apaisée. À l'extérieur du pays, l'opinion internationale considère son retour comme un facteur déstabilisateur qui pourrait déclencher la guerre civile en Guinée.
Les jours suivants – Les jours suivants, diverses sources, notamment les médias, publient des informations issues des discussions entre la délégation du collectif du Cndd en mission de rapatriement de « l'indésiré » capitaine et le Général Sékouba Konaté. Les versions sont différentes et difficiles à vérifier. Mais elles donnent un aperçu sur la teneur et le contenu des échanges.
Dans le déroulement, il y a le refus tranché du Général Konaté, président par intérim du Cndd, de recevoir le collectif du Cndd. Ce dernier n'avait certainement été suivi dans sa démarche par le capitaine Dadis Camara ! Lorsqu'il consent au dialogue, ce fut pour accuser le collectif de vouloir déclencher une guerre civile en Guinée. Il s'en désolidarise en proposant sa démission. En d'autres termes, il aurait démontré à ses collègues les dangers que comportait le virage pris par le capitaine Dadis après le coup d'État. Entre autres, l'impopularité de l'armée du fait des exactions commises sur les populations, la nécessité de sortir le pays de l'isolement en collaborant avec la communauté internationale
Il remporte la partie d'autant plus que l'incapacité physique du Capitaine Dadis ne lui permettait plus de continuer à gérer le pays. Sans leadeur, le collectif militaire accepte l'ultime et fatidique conclusion : le départ des militaires du pouvoir politique. Le redémarrage de la transition démocratique en Guinée sous des auspices d'apaisement.
18 Janvier 10 - À Conakry, on rivalise au sein des forces vives pour choisir un Premier ministre. Les candidats sont Jean Marie Doré, secrétaire général d'un des premiers partis politiques en Guinée, l'Upg, et Rabiatou Serah Diallo, Secrétaire générale de la première centrale syndicale, la Cntg, en Guinée. À égalité de points, en matière de leadeurship, le leadeur politique finit par l'emporter au diplôme. Un moyen comme un autre de choisir. Jean marie Doré est officiellement désigné le 18 janvier 2010.
Y aura-t-il deux vices premiers ministres comme les accords à Ouaga semblaient le laisser entendre ? L'interrogation reste sans réponse officielle à propos de la structure tricéphale de la primature.
En attendant, le nouveau Premier ministre désigné par les forces vives se prononce sur deux choses : il attend un décret de nomination du Général S. Konaté pour entrer en fonction et récuse la clause de nomination de deux vice Premiers ministres selon les accords de Ouaga. Sa nomination ne dépendait-il pas des mêmes accords ?