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législatif...
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Avant les agissements du Tribunal pénal international contre les crimes humanitaires commis en Guinée par l’armée et les responsables militaires, la punition républicaine majeure est de dénier les attributs de la République à la junte détenant le pouvoir des armes en Guinée. Les mots fouettent l’orgueil et enivrent des aventuriers comme le soldat-capitaine Dadis et son organisation militaire, le CNDD.
Qu’on se le répète et qu’on se le rappelle, le pouvoir que détient le capitaine Dadis se définit comme « une domination physique, morale, et psychologique, exercée sur des groupes d'individus et une population entière ». Il permet au CNDD et à Dadis d'appliquer, de faire exécuter ou d'imposer, par la force, des décisions dans divers domaines. Celui des affaires est ce qui les intéresse le plus. C’est le « péché mignon » de la grande muette en Guinée. Les résultats d’une gestion, sous coupe militaire, de plus de vingt ans sont connus
L’armée guinéenne s’applique, toujours, à torturer et avilir les populations guinéennes comme s’il s’agissait de féaux sujets qui doivent être soumis à ses désidératas, depuis le 3 avril 1984. C’est l’héritage du régime précédent, issu du 3 avril 1984 dont le règlement des crises sociopolitiques et économiques en Guinée, l’arme poing. La levée d’armes contre son propre peuple, ou un seul individu, est la preuve que cette armée, ensemble ou représentée par une personne ou un groupe, ne saurait présider, démocratiquement, sans effusion de sang aux destinées de son pays.
Au cours de leur revendication salariale en juin 1995, les militaires guinéens ne se sont attaqués mutuellement. Ce sont les populations guinéennes qui ont décompté leurs morts. Lors des répressions de manifestations sociales et politiques de 1992 à la mort du Général Lansana Conté, les victimes furent les populations guinéennes. L’insécurité civile, en tant que chantage collectif, entretenue par cette armée vise les mêmes populations. Précisément, de mémoire récente, en juin 2006, la répression sanglante des étudiants; en janvier-février 2007, la tuerie de centaines de personnes innocentes; le 28 septembre 2009 le stade du « 28 septembre » devient l’abattoir des horreurs. Les échéances sanglantes se rapprochent les unes des autres. Si l’on y prend garde. L’armée guinéenne continuera sur cette en développant, de plus en plus, dans le pays une psychose de terreur leur permettant de confisquer le pouvoir.
Ici et là, on demande à cette armée de se punir, elle-même, comme s’il s’agissait de fautes commises sans intentions préalables. Il s’agit, hier et aujourd’hui, de crimes froidement prémédités et perpétrés pour annihiler les pulsions d’un peuple. Il faudrait un « cinquième cavalier » et un autre « carré de dignes militaires » au sein de cette armée pour arrêter la folle cavalcade de soldats perdus, et vindicatifs, que représentent Dadis et sa horde.
En attendant une protection internationale des populations guinéennes impliquant l’Ecomog, Il faut mettre le capitaine Dadis au ban, en lui déniant les titres républicains dont il tire sa folie des grandeurs. Il faut le bannir en lui refusant les honneurs qui lui donnent l’ivresse de croire qu’il représente une partie du peuple et qu’il a un droit de vie et de mort sur l’autre partie. Il faut le bannir en lui retirant tout droit que la République ne lui est accordé selon les lois et les règlements institutionnels.
En relisant les constitutions guinéennes et certaines autres constitutions républicaines, nulle part il n’est mentionné qu’une crise politique ou économique, soit résolue par la force des armes ou par une prise de pouvoir aussi salvatrice peut-on espérer qu’elle soit. Qu’est–il donc arrivé en Guinée, le 23 décembre 2007 ? L’habituel coup d’État militaire sur la dépouille du président de la République en poste.
« Un coup d'État est la prise du pouvoir dans un État par une minorité grâce à des moyens non constitutionnels, imposée par surprise et utilisant la force ». Les uns et les autres ont cru que le club CNDD et Dadis seraient des révolutionnaires amenant un quelconque changement. Dans quel contexte ? Celui du défunt régime avec son système de corruption ?
Pendant qu’on déniait à une Assemblée nationale, tout de même élue, sa légalité pour retard d’élection, il fut accordé au même moment l’attribut de président de la République à un parvenu qui, dans le dos de tous, avait utilisé, avec un groupe de renégats, l’influence des armes pour prendre le pouvoir. Du moment qu’une certaine classe politique tombait, la réjouissance semblait belle. Et, on se gargarisait d’un pirate politique sortie de nulle part. Destin ou aveuglement ? Désir de conserver le statu quo ante pour confisquer le pouvoir pour soi-même ?
On a donné à un soldat de caserne l’envergure politique qu’il n’avait pas. On l’a appelé « président de la République » alors que rien ne l’autorisait. On l’appelé « Commandant en chef » d’une armée qu’il n’a jamais pu contrôler, n’en représentant qu’une fraction. Les arrestations arbitraires de militaires constituent une preuve visible. Certains hommes politiques l’ont « courtisé » en croyant que c’est le « messie » qui donnerait l’accès au pouvoir. Tout cela en reléguant parmi les moindres priorités le peuple de Guinée.
C’est ce peuple qui, aujourd’hui encore, se sacrifie avec de nouveaux leaders politiques, certes décriés de par leur passé, mais qui veulent se racheter en faisant front.
Évitons de créer un rédempteur de toute pièce. Il faut donc, pour commencer, se défaire de « l’habitude des mots » et faire en sorte qu’ils reflètent les réalités décrites. Il ne faut pas appeler Dadis, « président de la République » c’est illégal et illégitime. Comment définit-on le président de la République ? « Selon la Constitution du pays, le président de la République est élu soit au suffrage direct et universel par l'ensemble des électeurs; soit au suffrage indirect, par le parlement ou par un collège électoral élu au suffrage universel ou indirect ».
Le Capitaine Dadis ne mérite donc pas, comme d’ailleurs tous ceux qui ont agi comme lui pour confisquer le pouvoir, l’appellation de « président de la République » ni de « chef de l’État ». Son gouvernement, aussi illégal que lui-même, peut être dénommé « Bureau Provisoire pour les affaires courantes » ou « Directorat » jusqu’aux élections. C’est un gouvernail pas un gouvernement.
On pourrait, par contre, accorder au capitaine Dadis toutes les appellations que confère un pouvoir, notamment celui du pouvoir de l’arme à la main. Entre autres suggestions : le Capitanissime puisqu’il consent à être un capitaine permanent, le Conquérant du camp Alpha Yaya, puisqu’il s’autoproclame, l’irrévérencieux, puisqu’il est irrespectueux de sa parole, le parolier du Kaloum, puisqu’il aime s’écouter, l’homme du show indéfini, car il aime se faire voir, la terreur de Conakry avec sa mafia de l’insécurité, le monarque de la Guinée avec la paranoïa du panthéon qui l’aveugle, etc.
Reprenons à Dadis et à son organisation militaire, le CNDD, les attributs de la République. Ils ne les méritent pas. Ils viennent de le prouver en tirant et en tuant les populations qui représentent par le vote, les piliers de la République.
O. Tity Faye, journaliste indépendant.