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  • Je suis journaliste, auteur, et enseignant.J'aime les analyses et débats touchant à la politique et l'économie autant que les philosophies, mythes, religions et croyances anciennes. Auteur : Guinée-Chronique d'une Démocratie Annoncée.

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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 12:00

 

ÉCONOMIE -

Au moins 30 pays d'Afrique subsaharienne souffrent des crises énergétiques survenues au cours de ces dernières années, indique des statistiques de 2008 du Fonds monétaire international (FMI) citées par la revue électronique des Nations unies, Afrique Renouveau.
Selon ces statistiques, 550 millions d'Africains, soit 75 pour cent de la population du continent, n'ont pas accès à l'électricité. Dans une analyse sur le secteur énergétique en Afrique intitulée "L'électricité, une nécessité vitale pour l'Afrique", la revue Afrique Renouveau rapporte les explications données par un responsable de la Banque africaine de développement (BAD) qui attribue les caus des pénuries d'électricité en Afrique au mauvais entretien des réseaux existant ainsi qu'aux gouvernements qui investissent peu dans les compagnies d'électricité, tout en exigeant que celles-ci fournissent le courant à des prix très bas, ce qui leur fait subir des pertes et rend difficile l'entretien des infrastructures.
La revue, qui a souligné la nécessité de l'augmentation de la production électrique, une des priorités du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et du plan de développement du continent pour accompagner la croissance économique de l'Afrique, a indiqué que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a estimé que l'Afrique a besoin de 344 milliards de dollars américains pour augmenter sa capacité de production d'électricité, moderniser les équipements installés et étendre les réseaux de transmission et de distribution à un plus grand nombre de foyers et d'entreprises.
Pour Afrique Renouveau, il existe des défaillances dans la politique adoptée par les gouvernements africains en la matière, étant donné que malgré les bas tarifs, moins de trois pour cent de la population rurale et 32 pour cent des citadins étaient raccordés à leur réseau national en Afrique de l'Est en 2004, alors que, selon la Banque mondiale, seuls la Côte d'Ivoire et le Zimbabwe bénéficiaient d'une couverture supérieure à 70 pour cent.
Cette situation est due, selon la revue onusienne, au plafonnement des tarifs dont les frais sont élevés pour le raccordement, vu que ces frais peuvent, dans les villes où existe un réseau, dépasser 200 dollars et là où ils n'existent pas, les coûts peuvent excéder 1.500 dollars.
En conséquence, "les populations pauvres des régions rurales ne sont tout simplement pas raccordées au réseau", souligne Afrique Renouveau, citant la BAD qui a plaidé pour l'utilisation par les gouvernements africains d'une grille de tarifs échelonnés et pour des subventions intelligentes de nature à permettre aux pauvres qui sont prêts à payer pour de l'électricité étant donné qu'ils payent déjà pour des bougies, du kérosène, du bois de chauffage et autres sources d'énergie à accéder à des coûts de raccordement réduits, tout en assurant que les plus aisés payent plus pour leur consommation.
La revue a cité en exemple le Kenya qui expérimente cette approche avec les incitations accordées aux secteurs pauvres de la communauté qui consomment moins en bénéficiant de tarifs plus bas que les secteurs à revenus moyens qui consomment plus et les industriels et les grandes entreprises qui voient leurs tarifs augmenter progressivement en fonction de leur consommation.
Le Kenya a aussi ouvert la production d'électricité aux opérateurs privés qui se concurrencent pour vendre de l'électricité à la compagnie de transmission contrôlée par l'État, ce qui a fait augmenter la production d'électricité et mis fin aux pannes prolongées qui étaient courantes dans le pays vers la fin des années 1990.
La politique de l'Afrique du Sud, malgré son coût exorbitant -78 millions de dollars par an- est saluée comme un modèle par la revue onusienne qui indique que le gouvernement offre gratuitement aux habitants pauvres de certaines zones un approvisionnement de base en électricité et à ceux qui ne sont pas raccordés au réseau, mais qui utilisent des sources d'énergie alternatives comme l'énergie solaire, reçoivent environ six dollars par mois pour les aider à payer les coûts de l'entretien et du fonctionnement de ces systèmes.
La revue a souligné l'urgence pour les pays africains de réformer leurs sociétés d'électricité eu égard à l'augmentation du taux de croissance économique dans le continent, quelle que soit la manière dont ils décideront de les financer afin que "l'accès à l'électricité et son approvisionnement ne deviennent pas des goulots d'étranglements". Panapress.


 

 

 

Par O. Tity Faye - Publié dans : Politique - Communauté : POUR L'AFRIQUE
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