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Le Général Konaté peut-il être l’homme de la sortie de crise pour le Cndd ?
Était-ce une carte cachée ? La dernière que le Cndd se serait réservé en cas de difficultés majeures vers l’atteinte de ses objectifs ? Les discours du numéro deux de la junte militaire en Guinée sont exactement ceux – suivis d’actions - qui auraient dû être faits aux lendemains des tueries du 28 septembre 2009.
morts et ne pansait ni les
blessés. Mais la seule reconnaissance des méfaits des soldats perdus de l’armée guinéenne contre ses propres populations aurait sonné plus qu’un aveu de culpabilité (si attendu). Il aurait sonné
comme une véritable requête de pardon vis-à-vis de populations martyrisées depuis plus de cinquante ans. Il est par ailleurs le seul à avoir présenté des excuses publiques. Qui a
écrit : »Mais qui peut remplacer Dadis ? »
«Notre pays a beaucoup souffert de nos agissements. Cela doit immédiatement cesser » déclare le Général Konaté Et pourtant, souligne t-il. « L’armée guinéenne a donné la paix et la sécurité aux autres populations. Pourquoi elle ne donne pas la même chose à sa population guinéenne ?» Les discours des membres du Cndd avaient toujours cherché la faute ailleurs que dans leurs propres rangs. L’unique tentative de faire le contraire a été individualisé au point d’entrainer le drame du 3 décembre 2009 au cours duquel Toumba Diakité a tiré sur le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.
Le vice chef de la junte semble, désormais se placer sur le versant du mea culpa et, peut-être, celui de la raison qui conduirait à des négociations ayant pour objectif la démilitarisation de la vie politique guinéenne. Qu’est-ce que la démilitarisation du régime en guinée ? Ce n’est pas le rejet de l’armée de la scène politique guinéenne. C’est son recadrement dans un État de droit avec la mise en valeur et en pratique de ses droits et devoirs dans le respect due. Dans sa définition du rôle de l’armée, l’homme du Cndd a énoncé une perspective semblable :« Nous allons pouvoir former les jeunes soldats pour pouvoir laisser une génération de militaires qui va se mettre en tête que sa mission, c’est d’assurer la sécurité des populations civiles et de préserver l’intégrité territoriale. » Il reste à déterminer les conditions et les voies par lesquelles cette armée retrouverait sa dignité dans le processus de la vie nationale guinéenne.
Encore une nouveauté dans le discours servi depuis le 23 décembre 2008. La junte avait voulu donner l’impression d’avoir pris le pouvoir parce qu’elle avait les compétences nécessaires pour sortir le pays du bourbier socioéconomique et politique dans lequel un de leurs officiers supérieurs, le Général Lansana Conté, l’avait enfoncé. À la pratique des feu-follets et des bougeons d’actions abandonnées à mi-chemin et souvent mal orientées qui, à la longue, ont accru la misère des populations subissant en même temps la terreur militaire et ses exactions.
Pour le Général Konaté, s’adressant à l’armée et aux autres forces de sécurité, « Chacun doit œuvrer à la sécurité de la population civile. Il faudrait que la population se sente maintenant à l’aise. Il faudrait qu’elle vive enfin dans un pays de droit, de démocratie » Il relève aussi que « de nombreux Guinéens sont à l’étranger, parce qu’ils ont peur, et ne se sentent pas en sécurité ici. C’est une vérité. À nous de leur donner confiance et maintenir la sécurité, pour les petits et les grands.»
Il faut espérer que tout cela soit suivi d’actions adéquates : la démilitarisation du pays avec le retour des troupes en caserne et leur désarmement. Ce qui s’avère ardu tant que les fractions et factions militaires indépendantes existent. Cette action qui devrait être immédiate est, rendue plus difficile aussi à cause de l’existence de bandes de mercenaires disséminées au sein de l’armée pour conforter les jeux de pouvoir et d’influence. Sous l’appel à la discipline, le Général Sékouba Konaté amis l’accent sur leurs méfaits. Ce sont Elles qui, à l’occasion, pillent les populations pour se payer des services rendus ou s’assurer des suppléments. Pour être le cinquième cavalier de l’apocalypse, c'est-à-dire du changement, le remplaçant provisoire du capitaine Dadis à la tête du Cndd doit s’assurer de bien des complicités au sein de l’armée en vue d’affaiblir les adeptes de la méthode sanglante. Ces derniers sont de toute évidence, ceux qui ont attiré sur eux les foudres de la communauté internationale et l’impopularité nationale.
Au cas où le Cndd s’attèlerait à mettre en pratique – sans tergiverser – ce que le Général Sékouba Konaté préconise, alors il faut croire qu’il y a une sortie de crise rapide. Dans la conjoncture actuelle, les adeptes du capitaine Dadis devront emboiter le pas en soutenant par des actes la mise en œuvre du nouveau discours militaire depuis les évènements du 28 septembre 2009. Le forum des forces vives se retrouverait en face d’un homme avec lequel ils n’ont subi ni attaques ni vexations directes et dont l’intérêt primordial semble être la réorganisation de l’armée guinéenne et sa réconciliation avec ses populations. Personne ne ratera un avis et une attitude contraire … Que cela soit écrit et accompli.