Partager l'article ! IIdéologie, thèmes, et éléments constitutifs du théâtre militant en Guinée: Les Thèmes Politiques - (suite et fin) Ils ont ét ...
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Les Thèmes Politiques - (suite et fin)
Ils ont été les plus nombreux et soutenaient la propagande
systématique de la doctrine gouvernementale du parti et de l'État. L'objectif constant fut « la mobilisation des forces vives du peuple au service de la Révolution pour la lutte contre la
bourgeoisie et les forces réactionnaires du capitalisme, responsables de tous les maux ».
Ces pièces ont représenté divers aspects de la vie sociopolitique et économique. Ces différents thèmes se retrouvaient dans toutes les manifestations artistiques théâtrales de la Guinée. Au niveau de chaque structure politico administrative, du quartier au niveau national, les thèmes de l’idéologie du parti associés à ceux de l’authenticité traditionnel dans les limites autorisées étaient joués à travers les ballets, les chœurs, les pièces et les orchestres.
Parallèlement, des individus ou groupe d’individus pouvaient, en se conformant aux normes prescrites, pouvaient créer des troupes théâtrales et musicales. C’est ainsi qu’à coté des institutions
théâtrales institutionnelles, on pouvait citer entre autres la Troupe Fatala de Fodé Conté, des orchestres comme le Sextet de Camayenne qui deviendra le Camayenne
Sofas, le Syli Authentique. Les griots et chansonniers devaient suivre la même voie en faisant, entre autres, l’éloge de la Révolution, du parti unique et de son
leadeurs.
La compétition était maintenue et animée par le biais des festivals annuels de quartiers, de régions et au niveau national. Les meilleurs artistes répertoriés rejoignaient les grands ensembles institutionnels nationaux de l’art et de la musique dans le pays. Ils étaient alors rémunérés comme fonctionnaires de l’État au même titre que n’importe quel travailleur. Aux autres niveaux, à coté de la subvention institutionnelle du cout de production, il n’y avait que des subventions individuelles ponctuelles - avec l’obtention des prix et récompenses - pour encourager les artistes. Ces derniers étaient sous l’obligation d’exercer leurs arts, en travaillant ailleurs pour se nourrir. Ils avaient des privilèges d’engagement, l’État étant le seul employeur. Il faut, également, noter que le système de ravitaillement qui permettaient aux entreprises d’État d’avoir le monopole de la vente des produits alimentaires et de première nécessité constituait une plateforme d’équilibre avec le contrôle des prix maintenus au niveau du salaire moyen.
Pendant plus de deux décennies. Ces thèmes ont été la marque distinctive du théâtre Guinéen dans les étendues d'un nationalisme exacerbé mêlé d’africanisme et de lutte pour la libération des peuples opprimés du monde. Malgré la gangue idéologique, les talents artistiques ont été mondialement reconnus avec les prix et récompenses récoltés dans les festivals nationaux et internationaux.
Sur le plan national, le théâtre contribuait, parallèlement, au raffermissement du pouvoir du parti unique de plus en plus personnalisé en son leadeur. Le théâtre sur le mode du "matérialisme révolutionnaire" était une tribune servant à la "culture" de l'engagement idéologique.
L'esprit de ce théâtre, en Guinée, tirait ses ressources de trois paramètres, apparemment contradictoires, qui furent complémentaires avec leur distinction.
Le théâtre guinéen était, d’abord, la résultante de l’abondante littérature "révolutionnaire" pour l’instauration de la Révolution culturelle prônant le retour aux sources, du Parti-État à travers son leadeur. La référence littéraire politique fut alors les œuvres du P.d.g (Revues R.d.a), les discours, et les écrits en de multiples tomes de feu le président Ahmed Sékou Touré, Secrétaire général du parti unique, le P.d.g, et Responsable suprême de la Révolution.
Conjointement, ce théâtre dépendait de la mise en valeur de la culture guinéenne en général, dont la source est la mémoire collective soutenue par de nombreux apports de la culture africaine. Chacun pouvait donc être l’auteur de création à partir de ces sources collectives.
La créativité individuelle des artistes fut son tremplin. Bien qu’ils n’ont pas tiré des profits comme ailleurs dans le monde, les artistes guinéens – contraints ou par amour de l’art - ont su imposer des modèles originaux sinon des adaptations universelles à une réalité culturelle conceptualisée et mise en pratique selon des exigences idéologiques particulières.
O Tity Faye. Journaliste indépendant.