O. Tity Faye, journaliste indépendant.
Il n’y a aucun autre qualificatif : le passage d’une transition démocratique à l’État d’exception militaire est un recul historique. C’était déjà une honte dont il faut, désormais, se débarrasser.
Voilà encore une nouvelle situation qui vient s'ajouter à la panoplie des situations qui jonchent déjà l’histoire du processus démocratique en Guinée. Dira t-on. C’est juste. Sauf que la situation en présence est porteuse d'une plaie plus difficile à cautériser. Autre que celles déjà connues en la matière en Guinée, elle éveille, en chacun, un ras de bol. Le ras de bol d’une transition démocratique qui n’en finit pas de s’étirer en longueur, en douleur, en drames et en tragédies. Tout cela parce que les fils d’un même pays agitent leurs égos en ignorant totalement ce qui constitue le bonheur commun dans une vie commune.
Cet éditorial qui parle à cœur ouvert, baigné de larmes, est une véritable ambition. Paradoxalement risible. C’est selon. Il se veut une référence soumise à l’axiome « la parole s'envole, l’écrit reste ». Alors que cet écrit soit. Sans complaisance. Pour témoigner de l'histoire de la Guinée. Une histoire qui, on le dit dans quelques forums, dans les rues, dans les bureaux..., doit être réécrite. Encore, soit.
Mais d’un autre coté, elle est simple en caricature et pourrait se résumer à ceci : « Il était une fois, loin, loin, là-bas dans les terres du sud, un endroit où vivait des noirs en majorité. Un jeune homme qui se disait être né la mauvaise année y vivait aussi. Il ne se sentait pas bien. Tout autour de lui n’étant que conflits et malentendus. Adolescent, il a dû frayer avec les slogans et la milice populaire dans la tourmente d’une Révolution, qui, instaurée sur les bases de la foi en l’avenir, périt sur les rivages de l’amertume. À 25 ans il n’avait comme opportunité qu’un créneau de reconstruction d’un pays et d’un peuple agenouillés par quelques communiqués de conquête … bien sûr … « sans effusion de sang »! Les conquérants, l’armée en l’occurrence, garantissent aux populations le nirvana dans les années qui viennent. Le jeune homme le ressentit mal dans ses tripes. Malgré la liesse populaire qui accueillit les conquérants, il se dit que cela n’aurait pas dû se faire. En tout cas, pas de cette façon là. Personne ne semblait voir que ceux qui disaient leur offrir la liberté étaient en armes. Il décida de ne pas croire en eux et quitta même le service public avec l’amère interrogation : puisqu’il pouvait nous offrir la liberté et le redressement dont ils parlent pourquoi ne l’ont pas fait plutôt? Aux moments cruciaux? Pourquoi 25 ans après. Il dit à ces amis, « ceci est une simple invasion interne, une révolution de palqis et n’aura pour conséquences que celles qu’entraine toute invasion : le chaos et la destruction. Ses amis, ses copains, s’écartèrent de lui pendant 24 ans. Chacun vécu à sa manière, cet autre quart de siècle fait de duperie et de faire semblant qui n’apportèrent que ruines et désolation. Alors que la fin de cette autre difficile période semblait s’annoncer, le jeune homme vivait pleinement sa cinquantaine. À 52 ans il assiste au même plaidoyer militariste qui vise à faire agenouiller le pays et le peuple par quelques communiqués de conquête … bien sûr … « sans effusion de sang »! Le conquérant, l’armée en l’occurrence une fois de plus, fait une chose extraordinaire qui ne peut être due qu’à de l’ignorance ou à la vénalité : suspendre - au nom de la Démocratie - les institutions nationales et la Constitution dans un contexte de transition démocratique. On peut le comprendre quand il s’agit de passer d’un régime totalitaire à un régime démocratique. Mais lorsque cela se fait dans une transition démocratique, il ne peut être question que de recul par rapport aux libertés et acquis fondamentaux : le passage d’une transition démocratique à l’État d’exception militaire. Le jeune d’il y a 50 ans dit à son fils de 12 ans – qui n’a rien compris du reste – qu’il était né au cours d’une mauvaise année. « J’ai passé 50 ans de ma vie dans un pays où la primauté des égos empêche la construction du bonheur commun » Que voici une autre histoire! Peut-être un peu échevelée mais vraie. Retenons la complainte comme une leçon, pour l’histoire.
Quand on s'évertue à moudre l’histoire dans l’oubli alors on s’expose à des fautes de parcours. Simplement parce que, à un titre ou un autre (le bon ou le méchant), l’on est impliqué dans cette histoire pour le meilleur ou pour le pire. Certains oublie, trop souvent, que l’histoire " morte" - celle arbitrairement reléguée dans le passé- ou "vivante" le vécu quotidien, l’histoire que les années marquent de leurs empreintes fatidiques, est une dialectique qui gère les contradictions. Celles-ci s'entremêlant les unes aux autres, se complétant ou s'excluant, pour une fin en soi ou une dynamique. Pourquoi jongler avec les manichéismes du temps au point de refuser à nos progénitures des repères de conduites historiques, des références ?
Le livre du temps - par l’histoire écrite, la chronique racontée ou écrite- nous parle bien des hordes de Gengis khan et de leurs razzias sanglantes ; la poésie funèbre de Néron nous est parvenue. En Afrique, les griots racontent toujours les hauts faits de Soundjata Kéita et les mystères de Soumahoro Kanté, l’on parle de Kissi Kaba, des empereurs et rois tels Samory Touré, Glélé, Béhanzin, ou Alpha Yaya Diallo, Ousman Dan Fodio. Koly Tenguèla, le Zulu Chaka... Lat Dior ou Salman Faye ...Et dans les décades récentes Hitler, Mussolini ou Staline ne sont pas laissés aux oubliettes, etc. Chacun vaut de par son apport. Même les errements, les fautes peuvent être des avantages à condition qu’ils aient existé pour être continuellement corrigées en nous enrichissant plus. Qui d'autres, que nous-mêmes, doit faire en sorte de conserver nos acquis, témoigner pour le futur?
Dans l’opposition multipartite des parties en présence en Guinée, il y a un important primat dont il faut tenir compte : la correction historique. Que signifie t-elle? Se corriger des erreurs du passé. Il ne s’agit plus de condamner un homme ou une structure. Si les hommes ne comprennent pas le bien fondé du progrès alors il faut faire en sorte que le progrès s’impose à eux. Quant aux structures, elles doivent être dynamiques. répression ou la rhétorique dilettante ne seront que des oboles de discrédit. L'ultime recours est la nation reconnue dans ses droits et devoirs démocratiques. C’est alors, seulement alors, que les leadeurs seront assurés de ne pas « passer à travers l'histoire » en feu follet. Ils seront, en quelque sorte, l'histoire. Parce qu'ils auraient fait l'histoire. certains faits qui ont marqué l'histoire des précurseurs de la philosophie de la Démocratie. Celui de la Rome antique ou, semble t-il, Jules César s'écria un jour : « Qu'est-ce l'histoire? Ce n’est que la somme des erreurs commises par les grands hommes qui nous ont précédés ».
En clair, si la junte militaire ne peut pas comprendre que l’exercice du pouvoir par les armes et la politique de la terreur sont caducs, alors il faut faire en sorte, sans compromis, que la leçon soit apprise, une bonne fois pour toute. Quoique cela coute. La
II faut, et il suffit, de réfléchir à
Sous cet angle, pour tous les
II y a aussi, l'apostrophe du barbare à Clovis, Roi des Francs, que rapporte
la
chronique: « Qui t'a fait Roi ? »,
lui avait demandé le barbare qu’il considérait comme un de ses sujets de fait. Ce fut instinctif. Mais c’est l'expression de la
requête de légitimité et de légalité. Celle que les Républiques modernes et contemporaines ont codifiée par les élections. C’est aussi le rappel qu’il faut être investi du pouvoir de décider par la volonté de tous, féaux ou
citoyens. L’on évite ainsi de porter outrage à la légitimité, d’être indécent vis-à vis de la
légalité et de
porter atteinte au respect du Peuple. C'est à dire les Droits de l'homme et les Droits du peuple. Nos dirigeants - leadeurs de partis politiques et gouvernants d'un mandat -doivent se rappeler notre histoire, celle des autres, la fin des empereurs et des empires, des rois avec leurs
royaumes, des dictatures
et des pseudos
Républiques grâce au pouvoir du peuple par et pour le peuple.
Au moment où nos Démocraties inachevées, sur l’autel des vanités, tentent vaille que vaille la mise en place des institutions de partage
du pouvoir, il y a encore, l'espérance que le
« mieux disant » se dise pour l'accomplissement du « mieux faisant ».
Prétendants qu’apportez-vous au peuple de
Guinée pour être l’élu? Que cela soit écrit
et accompli".
O. Tity Faye,
journaliste indépendant.
Au peuple qui tue ou plébiscite, trois choses ont été dites : De retour du mont Sinaï, avec les tablettes de Lois, Moïse s’est écrié : « Je vous apporte les dix commandements de Dieu et vous adorez un veau d’or? ». Jésus qui plébiscita l’amour du prochain, sur sa croix de mort a dit « Seigneur, pardonne-les car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Et Muhammad dans son dernier sermon n’a eu d’autres recours que de l’interroger : « Ô peuple dites-moi, ai-je bien accompli ma tâche? »
Guinéens, la somme des erreurs à corriger pour être mieux que nous avons été et que nous sommes; pour laisser à nos enfants un héritage fécond.
Le Parlement Panafricain pour consolider les
assises de la Démocratie en Afrique
Cinq ans
après la création de cet organe consultatif de l’Union Africaine (UA), le parlement africain ou parlement panafricain entre progressivement dans sa phase de mutation en véritable organe
législatif...
La guerre en Afghanistan finira t-elle en 2011?
Le 1er décembre. 2009 le président des États-Unis, Barak Obama, a
annoncé le déploiement d’un nombre additionnel de 30.000 soldats américains en Afghanistan...