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  • O. Tity Faye
  • Le blog de O. Tity Faye - Les chroniques
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  • auteur Journaliste enseignant et curieux
  • Je suis journaliste, auteur, et enseignant.J'aime les analyses et débats touchant à la politique et l'économie autant que les philosophies, mythes, religions et croyances anciennes. Auteur : Guinée-Chronique d'une Démocratie Annoncée.

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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 14:25

Lorsque mon ami Tity m’a fait part de la création de son blog, je l’ai d’abord confondu à un site web et je me suis demandé comment il fera pour l’entretenir. Alors bien sûr, j’en ai parlé à mon mari, Ansou, histoire de meubler la conversation du soir. Mon Dieu, je ne pensais pas que cela aurait tourné au vinaigre. Ce fut le cas. D’abord il revint sur sa vieille rengaine. « Oumou, tu ne m’écoutes jamais. Je t’ai averti, la politique, ce n’est pas vraiment un truc féminin mais tu t’entêtes. D’ailleurs, je suis convaincu que si tes sauces ont des goûts différents, c’est parce que tu passes plus de temps à parler de politique avec ton amie Yarie, à lire les journaux ou les sites internet qu’à surveiller ta cuisine. »

Je fus, littéralement, éberluée. Mais je réussis à vaincre le début de  ma colère et à renifler la moutarde qui me montait au nez. Yarie avait bien raison, parfois, quand elle me demandait «comment je faisais pour supporter les humeurs, hautement, variable de mon mari».

Bien sûr, ma ligne de conduite est de n’écouter ni l’un ni l’autre. Les deux ne se supportent pas, un point, c’est tout. Mais tout de même, cette sortie de mon époux méritait punition. J’ai décidé de donner raison à Yarie, dans mon esprit. Ce n’est pas par peur de le lui dire mais la joie est plus pure, dans ces cas-là, lorsqu’on se la réserve. D’ailleurs, le partenaire est loin de la partager. Je souris donc à cette victoire «spiritique » de Yarie et me moucha bruyamment. Question d’évacuer la moutarde au nez. Soporifique. Je ne lui dirai pas, elle sera bien trop contente!

Ansou me regarda et s’en prit à mon silence aussi en définissant, à sa façon, ce que c’est qu’un blog. «Tu es contente de quelque chose? Tu penses que je suis fou et ridicule n’est-ce pas? Tu crois que je ne sais pas ce qui va arriver encore? Eh bien sache qu’un blog, c’est une sorte de site sur Internet où des gens comme ton ami Tity, peuvent se nommer «grand conseiller» pour donner des leçons ici et là, à tort et à travers. C’est comme un journal personnel que l’on tient, à part qu’il faut échanger les idées avec d’autres en «communauté» ou échanger des informations et des réflexions. Dis-moi de quoi, un gars comme Tity va vouloir parler quand on lui offre l’occasion? De politique, évidemment! Et, c’est là que je te tiens. Je t’interdis de recommencer à dévoiler notre vie sur un support médiatique comme par le passé. Tu m’entends?».

«Kèba. C’est le nouveau patronyme que je lui attribue. Je ne me rappelle plus à quelle occasion… Il est utilisé dans de stricts cas pour l’amadouer. Mon mari en est fier parce que ça veut dire en maninka, «Grand homme.» « Ma très chère Oumou, avec ce surnom, j’ai l’impression d’avoir le pouvoir et la dimension du célèbre roi qui défia l’empereur du Wassulu et lui tint tête, « Sikasso Tièba ».

J’ai pris le temps de lui expliquer la distinction du point de vue de l’homonymie et de la synonymie, comme dirait Yarie, mon amie enseignante. Peine perdue. La poitrine bombée, il avait claironné, « Tièba ou Kèba, c’est du pareille au même. C’est un signe que tu m’appelles ainsi. Sait-on jamais? Je pourrais avoir un rôle à jouer dans l’histoire du pays. » Renversant! Il n’était même pas membre d’un parti politique ou d’un syndicat. Alors … ?

« Kèba, lui dis je, avec douceur. Ne revenons pas sur cette discussion à propos des médias. Tu as eu tes moments de gloire quand les gens parlaient de la «logique selon Oumou Tata». Ou bien de ceci et cela selon Oumou Tata. Tu m’as même révélé à certains en leur soufflant, faraud, «Oumou Tata, c’est mon épouse». On me l’a rapporté. Qui faisait de la publicité en ce moment?».

Il me regarda, secoua sa tête, y passa le plat de sa main gauche et alla se mettre dans un coin. Malgré mes dandinements devant lui, les bruits que je fis pour le provoquer, il se réfugia dans le mutisme. La revanche habituelle. Les hommes et leur petit orgueil de conservation du «pouvoir», incapable d’accepter la moindre petite défaite ou de compromis. Même en intimité. Que faire d’autre? Il m’offrait l’occasion d’appeler Yarie. Pendant un moment nos appels se croisèrent sans résultat car elle appelait au même moment sur son téléphone cellulaire Arriba.

« Je viens de démissionner », me dit-elle quand la liaison fut établie. Je soupirai en me disant «encore»! En fait ma grande amie n’arrête pas de changer de leadeur politique ni d’opinion à propos de tout et de rien. J’adoptai mon attitude habituelle en lui demandant comme si c’était la première fois. «De quoi Yarie?».

Il y eut un silence au bout de la ligne avant qu’une petite voix ne dise, « je ne peux pas parler au téléphone, à l’allure où vont les choses, ça pourrait être dangereux ». Le motif pour se faire inviter. Et l’autre qui boudait dans son coin. Avec l’arrivée de Yarie, il est certain que je serai sans mari jusqu’à demain matin. Mais bon …

«Alors viens à la maison. Où es-tu?» Rétorquai-je. «Devant ta porte». Répondit Yarie. Ça aussi, ce n’était pas nouveau. Chaque fois que Yarie avait vraiment peur, elle me téléphonait du devant de ma porte. Elle s’engouffra dès que celle-ci fut ouverte, alla se planter devant mon mari, comme d’habitude, pour dire «salut, je suis là». Et lui de répondre, comme à chaque fois, « oui! Je sais. Tu es toujours là, Yarie ». Ils se mesuraient du regard, comme d’habitude, puis chacun vaquait à ses affaires en ignorant l’autre. Dans une même maison. Va savoir.

« Je quitte complètement le comité de soutien au Cndd et son leadeur, Dadis. Non seulement, les tueries et les viols au stade du 28 septembre m’empêchent de dormir, mais je m’attendais à des excuses publiques, un plaidoyer en faveur de la réconciliation entre l’armée et les populations, et plus encore le désarmement de l’armée, par elle-même, comme pour dire «Plus jamais ça». C’est vraiment le cas et le lieu de le dire  ce «Plus jamais ça».

Dire que 80% de la population guinéenne était dans ce même état de traumatisme, de frayeur, de crainte du lendemain, est effarant. Ceci n’est pas loin de retracer tout aussi bien les scénarios, libérien et sierra léonais des années 90 que ceux congolais, zimbabwéen, ivoirien et togolais des années 2000. Les modes d’acquisition du pouvoir en Afrique entre Coups d’État et rebellions. Je fermai rapidement la porte. Dès fois que mes pensées s’envoleraient … par les temps qui courent … comme dit Yarie … Nul n’est sauf. À suivre.

Oumou Tata Fofana

 

 

Par O. Tity Faye - Publié dans : Rumeurs politiciennes
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