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après la création de cet organe consultatif de l’Union Africaine (UA), le parlement africain ou parlement panafricain entre progressivement dans sa phase de mutation en véritable organe
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La guerre en Afghanistan finira t-elle en 2011?
Le 1er décembre. 2009 le président des États-Unis, Barak Obama, a
annoncé le déploiement d’un nombre additionnel de 30.000 soldats américains en Afghanistan...
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Loin de la Guinée, la consternante nouvelle de la
mort de Dr Ibrahima Fofana prend du temps à s’installer dans l’esprit. La mémoire repousse la réalité et l’on se dit qu’un canular est possible. Lorsque s’impose la réalité, il est difficile
d’éviter d’avoir des inquiétudes et de se poser des questions à n’en plus finir pour tenter de comprendre l’incompréhensible. Il a rejoint sa dernière demeure, le lundi 19 avril en compagnie
d’une autre syndicaliste, Mabgè Camara et deux journalistes de la Rtg en mission, Aboubacar Lansana Camara et Lamba Mansaré. Les images témoignent de la reconnaissance populaire à l’homme qui a
fait du syndicalisme guinéen un symbole de lutte et de dialogue efficace chaque fois qu’il s’agissait du bienêtre des travailleurs et du peuple de Guinée.
L’œuvre accomplie du combattant …
Comme d’habitude, c’est par le téléphone que les expatriés s’informent des nouvelles du pays. Parfois, ce mode de communication dépasse en vitesse les médias. Lorsque dans la nuit du vendredi 16 avril 2010, le mien sonne, je me réjouis à l’idée de discuter des derniers développements qui concernent le toilettage de la constitution nationale en vue des élections de juin 2010.
Au contraire, j’entends, « Sais-tu que le syndicaliste Ibrahima Fofana est décédé ? Ça s’est produit lors du retour de la délégation de négociation envoyée à Fria où se développait la
grève des travailleurs de l’usine d’alumine RusAl-Friguia.». Premier reflexe incontrôlable : « Pourquoi, pourquoi lui ? » Mon épouse, s’en tient un
moment à la volonté divine avec un « Allahou akbar » » Mais au travers d’une colère amortie s’interroge : « pourquoi, ce sont les valeurs sures de la Guinée
qui s’en vont si tôt ? »
L’on discute des circonstances de l’accident, déplore la situation à l’émotionnel et tente de passer à d’autres sujets en se disant que la vie continue … En vain, il ne se passe pas deux minutes sans que l’un des participants à notre petite conférence téléphonique à trois ne fasse une réflexion du genre, « Comment remplacer un homme de la trempe d’Ibrahima Fofana ? » Ou encore, « Est-ce que le syndicalisme guinéen continuera à être aussi fort que lorsqu’il était vivant ? » Ou bien, « C’est un exemple de courage avec Rabiatou Diallo et les autres de l’intersyndicale qui ont défié le régime du Général Lansana Conté ».
Sous l’effet du ressentiment et de la colère, l’inventaire des causes de la mort de l’homme touche au subjectivisme. Et l’on évoque l’assassinat traditionnel occulte pour contrecarrer les desseins d’un homme dont le destin apparaissait grandiose pour avoir mis l’intérêt général, celui des travailleurs et de son peuple, au dessus des intérêts individuels égoïstes des détrousseurs de la Guinée. Une image s’interpose, celle de Ibrahima Naby Diakité, lui aussi soudainement disparu en pleine action au service du pays.
Lorsqu’on repasse au rationnel, c’est pour dire combien fut grande sa détermination, aux cotés de ses compagnons de lutte, au cours de l’historique grève de 2007. L’une des rares fois où, la défaite de la confiscation du pouvoir, en Guinée, fut portée sur la place publique.
Pourtant, cet évènement ne fut que l’un des aboutissements des activités et de la personnalité de Dr Ibrahima Fofana. Justin Morel Junior dans sa courte homélie sur le site « Guineeconakry.com » rappelle la verve du jeune Ibrahima Fofana dans les années 1990, discutant à la télévision nationale des questions de l’État. Déjà, on s’en souvient, il affichait des points de vue exprimant une parfaite maitrise des dossiers économiques, financiers, et bancaires du pays. Il aurait pu, comme bien d’autres, qui ont utilisé ces types d’émissions comme piédestal, se fondre dans le gotha des hauts cadres de l’administration. Les sollicitations n’ont pas manqué. Il ne les a pas dédaigné, il les a renvoyé pour disait-il « dans des circonstances de meilleures conditions de travail ». Et ce fut sa lutte en choisissant le syndicalisme : créer de meilleures conditions de travail pour les travailleurs, comme base du développement.
C’est à la même époque qu’il faut situer son leadeurship dans la renaissance et dans l’éclosion du multisyndicalisme. L’une des conséquences a été les crises (1991 et 1992) de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (Cntg) alors unique centrale syndicale. Ainsi naissaient simultanément, le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg) et la Fédération Syndicale de l’association des banques de Guinée (Fesabag) qui intègre l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (Ustg) qu’il dirige jusqu’à sa mort.
Comme précurseur et pionnier du multisyndicalisme, Dr. Ibrahima Fofana a contribué à donner à la Guinée les moyens de sa survie. L’action des syndicats reste un des éléments clef de son avancée vers l’instauration de la Démocratie et de la Bonne gouvernance, piliers du développement.
Ceux avec lesquels le Secrétaire général de l’Ustg a trouvé la mort, la syndicaliste Mabgè Bangoura et les journalistes Aboubacar Lansana Camara et Lamba Mansaré, de la Rtg, méritent tout autant nos regrets. Comme leur illustre compagnon au royaume de l’au-delà, ils sont morts dans l’exercice de leur devoir au service de la patrie. Paix à leurs âmes. Que leurs familles respectives autant que celle élargie à toute la Guinée, à travers les couches socioprofessionnelles, du Dr Ibrahima Fofana acceptent l’expression de nos condoléances attristées.
De son vivant, nos mots doux et chaleureux, notre reconnaissance, auraient quintuplé ses forces. Il aurait fallu lui dire, avant sa mort, « oui, Ibrahima Fofana tu as accompli ta tâche ». Hélas, souvent, nous ne le faisons que tard, bien tard après la disparition du héro. Au moins qu’on ne l’oublie jamais. Pour cela il faudrait que l’histoire du multisyndicalisme en Guinée soit écrite. Une statue à son honneur, une grande artère qui porterait son nom avec comme épitaphe « L’œuvre accomplie du combattant », ne serait pas de trop pour immortaliser son œuvre. L’exemple en appellera à de nombreux émules qui bâtiront sur ses traces. Que cela soit écrit et accompli.