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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 13:35

De la même manière qu’ils ont été formés, durant les 24 années du régime militariste précédent, pour une reprise du pouvoir, rien ne garantit qu’une autre génération de militaires ne soit pas formée pour les mêmes fins. Il s’agit de mettre fin à ce processus anticonstitutionnel. Sinon comment la Guinée pourra t-elle sortir de la trappe militariste?

Le processus du complot militaire contre la Constitution et les institutions nationales guinéennes se confond avec le parcours de la transition démocratique annoncée.
On s’en est tenu à la simple annonce de la Démocratie et à la mise en place d’une superstructure dysfonctionnelle. Ce, pour permettre à un militaire d’instituer un régime de confiscation du pouvoir sans compensation pour les populations. Pendant ses 24 années, les quelques réactions militaires sont étouffées au camp. Même quand à cause de sa maladie le Général Conté, président de la République, ne maitrisait plus les rênes du pouvoir et que les barons se tiraient dans le dos. L’armée n’a réagi que pour s’assurer d’une date, située après la mort du Général Lansana Conté, ministre de la défense, commandant en chef des forces armées.

Tout au long de cette transition démocratique, en lieu et place des forces de l’ordre telle la police, les militaires ont tiré sur tout ce qui pouvait compromettre la prise ou la reprise du pouvoir par leur soin? Ce sont ces mêmes militaires qui, comme le régime défunt, veulent l’extrême onction pour être à la tête du pays. L’on s’est fourvoyé de l’utopie rédemptrice de la force brutale. Mais elle s’est, instinctivement, manifestée le 28 septembre 2009, avec son habituel cortège macabre. Ce que veulent les militaires, c’est simplement être les dignes continuateurs de leur défunt chef qui a dû leur dire, ne vous pressez pas, votre tour viendra...

À ce rythme, de la même manière qu’ils ont été formés pour une reprise du pouvoir, durant le régime militariste défunt, rien ne garantit qu’une autre génération de militaires ne soit pas formée pour les mêmes fins. C’est à ce processus de succession militaire qu’il faut mettre fin au profit de la légalité constitutionnelle.

Les textes légaux définissent clairement le rôle de l’armée dont le seul engagement politique est la protection des acquis de la République. En affaiblissant les institutions nationales et la Constitution du pays, on se prépare toujours à affronter l’impertinente question, « qui peut remplacer qui ? »

Ce fut d’abord, qui va remplacer Sékou Touré que l’on a cru immortel? Lansana Conté sorti de nulle part sous la bannière militaire l’a fait, sous pression de ses camarades. Les conséquences sont connues et nous les vivons. On a posé la même pathétique question : qui peut remplacer Lansana Conté ? Les barons se chamaillaient en vain puisqu’aucun n’a tenté de prendre le pouvoir. Alors qu’ils se creusaient les méninges, en esquivant les textes légaux avec la complicité de Me Lamine Sidimé, président de la cour Suprême, pour remplacer le Général Lansana Conté, un groupe de militaires, qui a préparé et attendu ce moment, s’empare du pouvoir. 



Dans le demi-KO de l’après 28 septembre 2009, on parle de dialogue avec des militaires qui se croient être dépositaires des destinée du pays de facto et de jure
Parce que l’autre erreur historique a favorisé une dictature militaire. Leurs supporteurs se targuent de dire qu’on ne peut pas demander la reddition de cette armée ex nihilo. Dans une situation de guerre, oui peut-être. Ce n’est pas le cas. L’agression et l’occupation viennent de l’armée sans aucune raison. Alors qu’elle se retire en demandant son dû : la modernisation et les droits que lui accordent la République. Alors qu’on arrête de dire « mais si on ne discute pas avec Dadis avec qui   faut-il discuter ? » Le peuple bon sang. Tout le monde parle en son nom en l’ignorant. D’où la fatidique question guinéenne : mais qui va remplacer le capitaine? «qui l’a fait roi?».Seigneur! Un autre guinéen qui soit en faveur des valeurs démocratiques peut facilement le faire sans effusion de sang comme ils aiment à le chanter.

 

D’ailleurs, cette question et le temps que l’on prend à y répondre, en violant la Constitution et les institutions nationales a favorisé les successions dynastiques en Afrique. En plein processus démocratique, les fils succèdent aux pères. Allégro. Retour aux royaumes et aux empires médiévaux. Alors qu’il suffit; au delà des personnes, de respecter la Constitution et les institutions nationales.

Par ailleurs, l’ensemble du peuple de Guinée peut trouver en son sein les hommes qu’il faut. Il faut juste le questionner à propos. Que cela soit écrit et accompli.

O. Tity Faye. Journaliste indépendant.

 

 

Par O. Tity Faye - Publié dans : Politique - Communauté : POUR L'AFRIQUE
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