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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 11:19

Médias et culture de masse-Partie 5

 La diversité de l'expression culturelle et - justement - la différence dans le mode de consommation de la culture média, corolaire des conditions de perception -incitent à la prudence. Il y a bien des repères technologiques qui autorisent à affirmer que la propagation des expressions culturelles se fait par les médias. En d'autres termes, l'industrialisation balise le parcours transnational de la culture grâce au rôle et à la fonction des médias. Ce processus conforte la prépondérance des pays industrialisés déjà énorme dans le domaine économique et politique. Une confirmation de leur position, à l'avant garde de la consommation industrielle. Il est incontestable que les mythologies culturelles - de l'identification et de la projection - laissent des traces ineffaçables, d'imitation.
Globalement, il est difficile de poser le problème enpurement médiatiques, en termes de fonctions des médias, de leur audience vis-à-vis des sociétés. Mais il est possible de considérer tout ce nouveau processus de consommation culturelle comme une tentative d'adaptation de la culture aux technologies de l'industrie culturelle. D'un point de vue prosaïque, l'amplification des données culturelles des médias est un indice de consolidation de ce processus, intimement lié au développement économique. L'impact de la consommation culturelle, par les médias, n'est pas proportionnel aux nombres d'alphabétisés en français ou aux nombres de postes récepteurs de télévision et de postes récepteurs de radio, encore moins au lectorat pour la presse.
En Guinée, par exemple, ce déficit d'équipement est compensé par deux éléments principaux qui spécifient la consommation de l'industrie culturelle: La télévision "collective" qui fait que le public pour un poste téléviseur dépasse largement le cadre familial; un trait du collectivisme de la civilisation Africaine. Le déplacement de l'origine de l’information, de la rumeur, de la sphère des "élites" et des politiques, à la sphère des évènements médiatisés. Les individus sont des relais entre eux au sein des familles.
Également, et dans les milieux socioprofessionnels malgré la persistance des cultures religieuses et traditionnelles il va, sans dire, que la culture industrielle est une référence indispensable. En conséquence si, dans le mécanisme, des différences apparaissent, il ne reste pas moins vrai que certains éléments constitutifs de la culture industrielle, tels que la recherche du bonheur et l'individualisme, les problèmes du couple et la volonté d'autonomie des femmes prennent de plus en plus d'ampleur. Toutefois, c'est aussi, et surtout, l'évolution sociale et la dynamique culturelle qui déterminent les transformations culturelles à l’intérieur des sociétés et des nations. Ainsi, les loisirs dans la perspective hédoniste, du fait de la différence des conditions économiques de vie, n'ont pas la même signification de sociabilité (basée sur la distinction, dans les pays à économie faible).
Tandis que la concentration bureaucratique, née de l'industrialisation, favorise les assises d'une bourgeoise nationale politique et administrative, plus consommatrice que productive Par ailleurs, on peut remarquer que les cultures traditionnelles dites   classiques utilisent également les médias à des fins d'éducation, de réminiscence. Par   exemple - dans plusieurs pays de religion islamique ou chrétienne, la radio, la télévision, les journaux, les livres etc., sont devenus des moyens de propagande, de duplication, d'incitation, de conquête et de reconquête de la foi. C'est autant dire combien les modes de consommation culturelle industrielle se confortent de plus en plus dans les sociétés modernes.
Peut-on, pour autant, dire que l'influence de ce mode de consommation génère une culture particulière des médias? Cette influence touche t-elle, différemment, les masses de population - une certaine couche moyenne - et les élites d'une quelconque stratigraphie sociale ? Ou alors serait-ce une manière d'instaurer un équaliseur qui confère à la culture, partout et pour tous, les mêmes éléments constitutifs distincts de ceux des cultures traditionnelles classiques ? 

Par O. Tity Faye - Publié dans : Culture - Communauté : POUR L'AFRIQUE
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