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Le Parlement Panafricain pour consolider les
assises de la Démocratie en Afrique
Cinq ans
après la création de cet organe consultatif de l’Union Africaine (UA), le parlement africain ou parlement panafricain entre progressivement dans sa phase de mutation en véritable organe
législatif...
La guerre en Afghanistan finira t-elle en 2011?
Le 1er décembre. 2009 le président des États-Unis, Barak Obama, a
annoncé le déploiement d’un nombre additionnel de 30.000 soldats américains en Afghanistan...
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Rébellions, coups d’État, guerres civiles, confiscation de pouvoir, mauvaise gouvernance, incertitudes des lendemains …Une part du bilan politique et économique de l’Afrique en 2009 …
Guinée : crimes contre l’humanité et partitions militaires meurtrières
L’état de santé du chef de la junte guinéenne Moussa Dadis
Camara, blessé par balle le 3 décembre à Conakry par son aide de camp Toumba Diakité et opéré le lendemain à Rabat, s’améliore, selon certaines sources. Alors que d’autres disent le contraire. Le
chef par intérim de la junte militaire guinéenne, le Général Sékouba Konaté, a donné l'ordre de traquer le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité-Toumba. Une forte récompense a été promise à toute
personne qui fournirait des informations permettant de l'arrêter. Ce qui donne l’occasion à d’autres exactions dont les populations sont les premières victimes.
Dans la foulée, et dans la seconde quinzaine de décembre 2009, la publication du rapport de Human Rights Watch sur les massacres en Guinée, le 28 septembre 2009 est
accablant pour la junte militaire. Au même moment, la Commission d’enquête internationale, qui avait travaillé en Guinée du 25 novembre au 4 décembre 2009, remettait au Secrétaire général de
l'ONU, Ban Ki-moon, son rapport.
Dans l’ensemble ce rapport reconnait – Comme Human Rights Watch - que les massacres et les viols ont été prémédités et perpétrés au stade du 28 septembre et ailleurs à Conakry. Le Tribunal pénal international devra intervenir si les autorités guinéennes ne prennent pas rapidement les mesures nécessaires pour punir les coupables. La commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme commises en Guinée était composée de trois commissaires : Mohamed Bedjaoui (Algérie), Françoise Ngendahyo Kayiramirwa (Burundi), et Pramila Patten (Ile Maurice).
L’une des conséquences : le médiateur de la Cedeao lance une invitation au Général Sékouba Konaté à rejoindre Ouagadougou pour la suite des négociations. Pourquoi ? Il ne l’avait pas demandé à Dadis, se contentant des délégués du Cndd. Ou faut-il croire que cette fois-ci Blaise Compaoré serait prêt à suivre à la lettre les recommandations de la Cedeao et de la communauté internationale : ne pas installer un régime militaire en Guinée? Pour le moment, le Général Konaté semble plus préoccupé du sort de l’armée guinéenne que de confisquer le pouvoir. Le président burkinabé veut-il bâtir dessus? D’autre part l’instabilité militaire en Guinée avec les factions qui se guettent n’autorise pas au déplacement pour le chef intérimaire de la junte. Que va faire le Général Konaté ? Il va sans dire que la sécurité des populations guinéennes priment sur le reste » Il convient donc de rassembler les factions militaires ou de les neutraliser et expurger la Guinée des rebelles et mercenaires de la terreur. Et ce quelque soit le prix.
Zimbabwe : Mugabe frétille toujours…
La médiation de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) confié à l’Afrique du Sud la
mission de faciliter le dialogue entre les deux parties dans la crise entre les camps du chef de l’État Robert Mugabe et du premier
ministre Morgan Tsvanguirai, selon TV5 Monde. Il n’y a d’évolution notable mais il y a de l’espoir a déclaré la porte-parole du groupe de médiateurs,
Lindiwe Zulu, conseillère aux Affaires étrangères du président sud-africain Jacob Zuma.
Le président Mugabe, qui a réussi à isoler son pays de la communauté internationale, entend bien conserver le pouvoir au moins jusqu'en 2010. Le 29 mars 2008, l'opposition a remporté les élections législatives et Mugabe a dû accepter de partager le pouvoir. Le leadeur du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Morgan Tsvangirai, a été nommé Premier ministre le 11 février 2009. La relation entre les deux hommes est devenue rapidement très tendue et la situation économique et politique du pays ne s'améliore guère.
En juin 2009, les élections présidentielles qui portent Mugabe au pouvoir de nouveau font l’objet de contestations de la part de l’opposition dont les membres subissent des violences. Le pouvoir et l’opposition du Zimbabwe, qui s’opposent sur la légitimité du président Robert Mugabe, devraient entamer le dialogue pour trouver une issue à la crise, a déclaré en décembre 2009, le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa. « Les discussions vont bientôt reprendre, mais je ne peux pas dire quand ni où elles auront lieu », a indiqué M. Chinamasa, qui est également le négociateur du parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF).
Plusieurs membres du G8 – États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne notamment – ont plaidé pour une politique de fermeté à l’égard du régime de Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis 1980. La position de la Russie, qui possède un droit de véto au Conseil de sécurité des Nations unies, a, sérieusement compromis le projet de résolution appelant à un gel des avoirs financiers et une interdiction de voyager à l’étranger pour douze personnalités zimbabwéennes, dont M. Mugabe. En attendant la situation sanitaire des femmes et des enfants continue à se détériorer avec celle de l’économie, souligne l’Unicef.
Somalie : Une proie de l’Islamisme
Depuis plus de seize ans, la guerre civile fait rage en Somalie. Le pays est en proie aux luttes de clans. Aujourd'hui exsangue, la situation humanitaire et sanitaire est catastrophique. Au mois de juin 2006, après quatre mois de combats, les miliciens des Tribunaux islamiques ont pris le contrôle de Modagiscio, la capitale, avec l'intention d'imposer la charia - la loi coranique - à tout le pays.
En septembre, un accord de paix provisoire est signé entre les islamistes et le gouvernement de transition en place depuis octobre 2004. Mais, en décembre, appuyé par l'armée de l'Éthiopie voisine, le gouvernement de transition a repris l'offensive et le contrôle du pays. Les militaires d'Addis-Abeba avaient réussi à mettre en déroute les forces islamistes. Le Kenya, voisin au sud-ouest, a décidé de fermer sa frontière. Il y avait déjà sur son territoire plus de 160 000 réfugiés somaliens.
La détérioration de la situation en Somalie, dont les institutions sont décrites comme symboles de l’échec de l’État a aussi conduit à l'aggravation de la piraterie autour de la Corne de l'Afrique, affectant le commerce international. Depuis le coup d'État de 1991 ayant déposé Siad Barre, la Somalie est en effet la proie de conflits internes et des seigneurs de guerre. Un ordre relatif avait été établi en 2006 par l'Union des tribunaux islamiques, mais les dissensions internes dans cette coalition, la guerre déclarée au gouvernement transitionnel par les islamistes radicaux, et les conflits inter-claniques ou entre seigneurs de guerre, ont depuis repris. En 2007, l'Union africaine a mis en place une force de maintien de la paix, appelée Amisom. Le mandat de l’Amisom avait dû être prolongé de six mois en Août 2008, puis jusqu’en juin 2009.
Dans une Somalie qui sombre dans le chaos, le gouvernement en place ne contrôle qu'un quartier autour de la Présidence. Le reste du pays est véritablement aux mains des islamistes et des pirates du golfe d'Aden. Les membres du gouvernement sont régulièrement la cible d'attentats, en particulier des chebab qui se réclament d'Al Qaïda.
La Somalie est surtout devenue le repaire d'où partent la plupart des attaques de pirates qui écument le golfe d'Aden. Les eaux territoriales somaliennes sont devenues un véritable danger pour la marine internationale. 20 000 bateaux croisent chaque année au large de la Corne de l'Afrique, qui voit transiter 30 % du pétrole à destination de l'Europe.
Devant le risque permanent, l'Union européenne s'est résolue à lancer sa première mission navale, baptisée Atalante, et qui vient d'être reconduite pour douze mois. Objectif : sécuriser ces eaux troubles et combattre un phénomène qui menaçait de limiter sérieusement le mouvement maritime. Depuis, les pirates n'ont pas renoncé à leurs lucratifs coups de force contre les navires qui se risquent dans la zone. La piraterie maritime est devenue une véritable marque déposée pour la Somalie. Entre ce phénomène et les chebab fondamentalistes, le peuple souffre.
Soudan : Les dérives se succèdent
Depuis son indépendance, en 1956, le Soudan a connu deux guerres et 15 coups d'État. Le pays, composé de 600 ethnies, est divisé sur le plan religieux et marqué par des inégalités géographiques et économiques. Le pays est le théâtre de nombreux conflits, dont celui du Darfour, qui a commencé en février 2003.
Cette région, peuplée de 5 à 7 millions d'habitants située dans l''ouest du Soudan, comprend trois États. Les deux mouvements rebelles qui y sévissent sont l'Armée de libération du Soudan (SLA) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Ils combattent l'armée régulière et les milices arabes progouvernementales de Khartoum qui est décidé à mener une répression destructive.
Cependant, les victimes directes sont les populations, obligées de fuir leurs villages détruits par l'armée et les miliciens. On décompte plus de 1,8 million de personnes déplacées et menacées par la famine. 220 000 d'entre elles sont réfugiées au Tchad voisin. Les difficultés d'accès rendent l'organisation des secours très délicate. Selon l'ONU, le conflit a causé l'une des pires crises humanitaires au monde.
Les 11 et 12 juin 2007, lors de la conférence sur le Darfour qui s'est tenue à Addis-Abeba, le président du Soudan Omar El-Béchir a donné son accord de principe pour le déploiement sur place d'une force hybride composée de troupes de l'Union africaine et de l'ONU.
Pour les atrocités perpétrées au Darfour, la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye, a émis le 4 mars 2009 un mandat d'arrêt international contre le président El-Béchir.
Rwanda : mémoires de massacre
Le 6 avril 1994, un attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana, appartenant à l'ethnie hutue, fit basculer le Rwanda dans un génocide que la communauté internationale a observé sans réagir.
Dix ans après les faits il est question le rôle de la France est mis en question. Elle aurait intervenue très tardivement. Les affrontements avaient fait plus d’un millions de morts. Le 16 mars 2004, Paul Kagamé, à la tête du Rwanda, accuse la France d’avoir participé aux tueries lors de l'opération "Turquoise". Conduite entre le 21 juin et le 21 août 1994 elle était supposée être une opération humanitaire.. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rompues en novembre 2006. En août 2008, la justice rwandaise a rendu public un rapport mettant en cause le président François Mitterrand et Dominique de Villepin, qui fut directeur de cabinet d’Alain Juppé alors ministre des Affaires étrangères de l'époque.
À la suite des évènements, le tribunal pénal international qui siège à Arusha, en Tanzanie juge les coupables du génocide. Il devrait conclure ses travaux en 2008. Mais certains suspects sont encore hors d’atteinte. Selon la Bbc, seulement la moitié des 81 cas a fait l’objet d’examen sur 90 arrestations prévues
Cote d’Ivoire : la rébellion partage, toujours, le pouvoir
Après la mort du président Houphouët-Boigny, en 1993, la Côte-d'Ivoire a vu ses dissensions s’étaler au jour. La situation s’est dégradée avec le coup de force
organisé par Robert Gueï le 24 décembre 1999. En octobre 2000, l’éviction d’Alhassane Ouattara favorise l’élection de Laurent Gbagbo à la présidence du pays. La condition
d'ivoirité introduite par l'ancien président Henri Konan Bédié a été le moyen utilisé pour évincer le candidat du nord du fait de son origine Burkinabé. ‘Le pays se partitionne avec les conflits
ethniques et religieux qui éclatent. Le 19 septembre 2002 une tentative de coup d’État échoue. Les rebelles prennent alors possession du nord du pays. Ils s’installent dans les villes de Bouaké
et Korhogo.
Les hostilités ne s’apaiseront qu’avec l’intervention d’une force d’interposition sous l’égide la France et de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Par la suite, en janvier 2003, les premiers accords sont signés entre rebelles et gouvernement, les Accords de Marcousis. Les jeux ne se calment pas pour autant. En mars 2004, les manifestations organisées contre le président Gbagbo sont réprimées dans le sang. La reprise des combats dont le bombardement du camp militaire français de Bouaké (6 novembre 2004), contribuent à miner le crédit du président de la République auprès de la communauté internationale
En avril 2005, l’accord de Pretoria, n’apporte pas non plus le calme attendu bien que le pouvoir soit partagé entre les rebelles et le président élu avec la médiation du président Blaise Compaoré du Burkina Faso. Le report des dates d’élections présidentielles s’est poursuivi jusqu’en décembre 2009.
Kényan : Les causes du conflit indéterminées.
Les violences interethniques et les inégalités économiques sont les principales causes du conflit au Kenya. Le 27 décembre 2007, la réélection du président sortant Mwai Kibaki a soulevé une vague de violence dans tout le pays. Les partisans du candidat de l'opposition Raila Odinga Oginga, considéré comme favori, dénoncent des fraudes massives. Les émeutes ont fait plus de 2000 victimes en un mois et 250.000 personnes ont été déplacées. Toutefois la mise en place d’un gouvernement de coalition pourrait être envisagée avec les interventions conjuguées de l’américain Jendayi Frazer, du président en exercice de l’Union africaine (Ua) et de l’ex secrétaire général des Nations-Unies, Koffi Anan.
O. Tity Faye - (Réf-Bbc-Afrique - Le Monde)