Profil

  • O. Tity Faye
  • Le blog de O. Tity Faye - Les chroniques
  • Homme
  • auteur Journaliste enseignant et curieux
  • Je suis journaliste, auteur, et enseignant.J'aime les analyses et débats touchant à la politique et l'économie autant que les philosophies, mythes, religions et croyances anciennes. Auteur : Guinée-Chronique d'une Démocratie Annoncée.

Articles récents

Liste complète

Contact

Recherche

Contact

À Lire

Les condamnations pour crimes contre l'humanité du fait de la violence politique :
Alberto Fujimori
Radovan Karadzic
Slobodan Milosevic
Saddam Hussein
Charles Taylor
  


Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Créer un Blog

Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 04:11

Alors que le Cndd a un seul recours et une seule ambition à défendre à Ouagadougou – celui de se maintenir au pouvoir - les membres des Forces vives, composées des partis politiques, des syndicats et des membres de la société civile, y sont arrivés sans plateforme commune. Au point que le médiateur de la Cedeao, le président Blaise Compaoré, a dû leur dire : « Allez et ramenez-moi vos préoccupations ». Par écrit ! La composition quoi. Lire  http://www.lobservateur.bf/spip.php?article12712

Ton plaisant ou railleur, l’injonction a une seule et unique signification : les guinéens sont allés à Ouagadougou sans accorder leurs violons. Ils comptent sur le président Blaise Compaoré pour le faire. C’est le moins qu’on puisse lire dans le compte rendu fait par « lefaso.net ». La responsable syndicale, Hadja Rabiatou Diallo, s’y confie : « Nous attendons du médiateur qu’il nous aide à sortir la Guinée de la crise. Concernant la candidature du président Dadis, je dois avouer que, pour moi, il n’a pas encore dit qu’il serait candidat ».

Au sortir de cette réunion de prise de contact, le 3 novembre 2009, selon « lefaso.net » Mr. Blaise Compaoré a déclaré : « Ce matin, il s’est agit pour le médiateur d’écouter les forces vives et de faire une évaluation de la situation en Guinée... j’ai fait le constat que la situation est préoccupante sur les plans politique, économique, social et des droits humains... il faut réellement s’engager rapidement pour une sortie de crise ».

Pour la démarche, le médiateur de la Cedeao explique : « Bien sûr, de mon côté, j’ai présenté une démarche de travail qui va commencer bientôt, demain. Je leur ai demandé de me fixer sur leurs idées, leurs pensées centrales sur la sortie de crise. Ainsi que leurs points de vue sur la nouvelle autorité qui a été préconisée par les chefs d’Etat de la Cedeao et de l’U.a, sans oublier le chronogramme du processus et les conditions d’éligibilité. Tout cela va me permettre, avec les avis que je vais prendre du côté du Cndd, de faire la synthèse afin de discuter avec tout le monde ».


Pour mémoire, trois instruments de politique condamnent, en Afrique, le coup d’État et tous les moyens anticonstitutionnels d’accès au pouvoir. Le premier est la «Déclaration de Lomé » de l’O.u.a (Organisation de l’union africaine) adoptée lors de la 36ème session de l’Assemblée des Chefs d’État et de gouvernement de l’O.u.a, tenue dans la capitale togolaise, du 10 au 12 juillet 2000. Le second est la Charte africaine sur la Démocratie, les élections et la Bonne gouvernance «la Charte d’Addis Abeba» - adoptée par le 8ème sommet ordinaire de l’U.a (Union africaine), en janvier 2007 (plus élaborée que la Déclaration de Lomé). L’Acte constitutif de l’Union africaine est le troisième instrument. L’un des instruments régionaux est le Protocole additionnel sur la Démocratie et la Bonne gouvernance de la Cedeao de décembre 2001. Les situations suivantes sont considérées comme des Changements anticonstitutionnels de Gouvernement (C.i.c).
  • Le coup d’État militaire contre un gouvernement démocratiquement élu. (Cas guinéen)
  • Le remplacement par l’intervention de mercenaires d’un gouvernement démocratiquement élu. . (Cas guinéen)
  • Le remplacement d’un gouvernement démocratiquement élu par des groupes de dissidents et de rebelles armés. (cas guinéen)
  • Le refus d’un gouvernement au pouvoir de céder à un parti politique vainqueur après des élections libres et transparentes (régulières)
  • Tout amendement ou révision de la Constitution et des instruments légaux en violation des principes de changement démocratique de gouvernement. (Art. 23-5 de la Charte d’Addis. (cas guinéen)). En 2009, seules la Mauritanie (28 juillet 2008) et l’Éthiopie (6 janvier 2009) avaient ratifié cet instrument de la Charte d’addis Abeba. (“The AU and the challenge of unconstitutional changes of government in Africa”/Issaka K. Souaré – Étude publiée avec le concours des gouvernements de Suisse, des Pays-Bas, du Danemark, de la Norvège et de la Suède)

Pour aider au bon fonctionnement de ces instruments, une communauté de vue et d’actions est indispensable. Comment et pourquoi les leadeurs guinéens sont-ils allés, à la table de négociations, sans un mémorandum commun en ce qui concerne la sortie de crise ?

Parmi eux, on dénombre quatre anciens premiers, des cadres syndicaux, des leadeurs politiques ayant 17 ans d’expérience sur le terrain politique en Guinée. Ce n’est donc pas un manque de qualifications et d’initiatives. C’est quelque chose de plus dangereux : chacun y est allé avec son propre mémorandum comportant chronogramme d’élections et concessions liées à des ambitions personnalisées dans l’intention de jouer le grand jeu politique et de s’en tirer avec des profits, au demeurant, chimériques. Ce n’est pas la meilleure façon d’adoucir le deuil que portent les populations guinéennes, depuis le 28 septembre 2009.

Encore une croisée des chemins ou les leaders doivent choisir la bonne direction. Le feront-ils ? Encore, une fois, on est en présence d’une situation que les représentants guinéens risquent de compliquer faute de pouvoir se concentrer – ensemble - sur l’essentiel du fait d’avoir différents « essentiels ». Par exemple, est-ce au médiateur de la Cedeao de décider de la question non résolue, à la satisfaction de tous, de l’ordonnancement des élections : présidentielle avant législatives ou vice-versa ? Les forces vives ont-ils, en commun, une proposition de «leadership ou d’équipe transitoire» pour gérer la transition à la place du Cndd? Il y aura certainement plusieurs propositions autour de ces questions et d’autres. C’est là que le bas blesse.

Malheureusement, «lefaso.net.» révèle, également, que 70 guinéens se sont déplacés pour assister à cette réunion sans se consulter auparavant. «Des clashs qui se sont déjà signalés au niveau des délégations à venir à Ouagadougou. Plus de 70 personnes ont fait le déplacement dans la capitale burkinabè, « certains sont venus sans y être invités », grince un leader politique », écrit il.

Il apparait que si les uns et les autres étaient d’accord pour le départ de Dadis, certains commencent à mettre la question en expectative. Cela semble être le cas du leader de l’Upg, Jean Marie Doré, qui a dit : « : « Il y a une confusion sur la question du départ du président Dadis, car jusqu’à la fin du dialogue, notre interlocuteur est le président du CNDD ... c’est donc un non-sens d’exiger son départ ; avec qui nous allons discuter ? » Realpolitik, comme le suggère «lefaso.net»? On pourrait le dire.

Cette realpolitik devra se faire avec des partenaires aux mains propres. Au sein de l’armée on en trouverait, certainement, en fouillant les prisons guinéennes du Cndd. Faut-il encore que les probables accords de Ouagadougou, prennent en compte ce paramètre. Serait-il acceptable par le Cndd admis à la table de négociations? Pas certain. On se retrouve dans une situation de labyrinthe. Où est la sortie ? Car il est difficile d’imaginer une gestion commune entre le Cndd – qui non plus n’a pas un seul son de cloche - et les forces vives.
Les deux entités n’ont plus les mêmes projets ni les mêmes objectifs à atteindre pour le devenir de la Guinée. La gestion commune ne sera viable que si, les attributions institutionnelles des Forces vives supplantent celles des militaires pour favoriser, dans le chronogramme de la transition, le désarmement et la réforme de modernisation de l’armée dans l’immédiat. Il faudra que l’armée guinéenne l’accepte pour que le pays se construise un futur qui chante avec elle. Sinon il y aura toujours au dessus de la Guinée, l’Épée de Damoclès des militaires. Ces derniers, pourtant, n’ont pas fait montre de compétences politiques et de gestion au dessus du commun des guinéens. Il doivent l’admettre pour l’avenir de leurs enfants guinéens à eux aussi.

Facile à voir, si on jette un regard critique sur leur gestion de dix mois. Les institutions nationales dont la constitution sont suspendues. À coté de la politique de la terreur, la gabegie et les dépenses ostentatoires de corruption politique ont connu une énorme inflation. Le capitaine du camp Alpha et ses hommes ne sont pas non plus formés pour diriger une transition ou un pays. À moins que l’on admette comme créneau d’accès au pouvoir le coup d’État avec sa politique de terreur. L’État sauvage à la carte !

Cependant, il convient de poser, maintenant, les questions de l'après Ouagadougou. Suffira t-il de remettre les institutions suspendues en fonction pour amorcer un règlement de la situation ? Pas sûr, si l’on n’engage pas immédiatement, et avant les élections, une reforme constitutionnelle qui précise le fonctionnement de l’État et de ses institutions. La constitution, doit, désormais, être le bréviaire de chacun en matière de gestion de la chose publique. Un parti politique arrivé au pouvoir sera toujours tenté de la faire à son image. Ce sera encore, et une fois de plus l’escalade de la confiscation du pouvoir et un coup d’État en perspective.

En attendant, tout le monde a le souffle retenu, en espérant que les représentants guinéens seront à la hauteur de la tâche. En espérant, surtout, que les discordes régnantes ne soient que l’expression de l’expression plurielle. Que cela soit écrit et accompli.

O. Tity Faye, journaliste indépendant.

Par O. Tity Faye - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés