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Médias et culture de masse - Conclusion
Il est vrai que dans la production de l'industrie
culturelle, l'effacement partiel de l'auteur survient dans l'adaptation de l'œuvre aux caractéristiques des médias. Par exemple, l'adaptation d'un livre au cinéma se soumet aux contraintes de
l'écran, en mobilité des personnages, de temps, et de dialogue qui sont réécrits. De sorte que ce qui atteint le public semble, parfois n'être qu'une partie. Mais, dans ce cas, comme dans
d'autres, telle que l'éducation religieuse ou la vulgarisation scientifique, la préservation du contenu est essentielle et conserve le lien avec l'œuvre originale. Ainsi, dans la diffusion, les
médias adaptent la culture à leurs caractéristiques techniques. Malgré des altérations, ils n'en éliminent pas l'essence, voire les objectifs. Toutefois, les nouvelles identités qu'ils créent
dans le mode de consommation culturelle échappent à tout contrôle et à toute exclusion. Ces identités ont une telle force de pénétration - liée aux impératifs de l'industrialisation dans toutes
les régions du monde - que les grandes transcendances tels l’État, la patrie, la famille ou la religion ne peuvent les dissoudre.
Mais s'agit-il de culture de masse du fait que ses constituants découlent de l'industrie culturelle des média touchent plusieurs personnes à la fois?
Dans l'alternative de "massification" d'une culture classique par le fait des médias, il est à souligner que dans certaines sociétés, ces mêmes supports peuvent assumer les mêmes fonctions pour d'autres formes de culture. Aussi, une généralisation est-elle hasardeuse. Cette "culture de masse" pourrait s'adresser à des populations différenciées pour lesquelles elle ne serait qu'un point de liaison, une sorte de culture d'appoint.
Par ailleurs, la notion de culture de masse, liée a la consommation des médias, semble être un refus de la transformation culturelle qu'impose l'industrialisation. II convient de rappeler que la culture, hormis celles des religions révélées, est fonction du vécu et des conditions d'existence des individus. Partant, une culture d'élite serait-elle simplement le fait d'un monopole qu'il soit d'État, de groupe ou de classe, comme tout système de domination ? Actuellement, on assiste, grâce aux médias, à une mutation qui adapte la culture à l'usage des technologies industrielles. Ce phénomène engendre également ses élites, celles qui ont le monopole de la diffusion, celles qui usent des médias pour assoir leur influence jusqu'au point de domination:
- l'homo médiaklatura, créateur d'un pseudo "atropos universel" consommateur moyen de la culture que diffuse les médias ;
- la médiaklatura d'État représentant les pays qui ont le monopole de l'information, donc du savoir, du fait de la maitrise des moyens de communication de masse. Mais aussi les gouvernements rétenteurs de l'information.
O. Tity Faye. Journaliste indépendant.