Partager l'article ! Un référendum pour la transition guinéenne ...: Ici et là, résonne à la face de la Guinée l’insulte majeure de la lancinante et écœura ...
Le Parlement Panafricain pour consolider les
assises de la Démocratie en Afrique
Cinq ans
après la création de cet organe consultatif de l’Union Africaine (UA), le parlement africain ou parlement panafricain entre progressivement dans sa phase de mutation en véritable organe
législatif...
La guerre en Afghanistan finira t-elle en 2011?
Le 1er décembre. 2009 le président des États-Unis, Barak Obama, a
annoncé le déploiement d’un nombre additionnel de 30.000 soldats américains en Afghanistan...
Ici et là, résonne à la face de la Guinée l’insulte majeure de la lancinante et écœurante question : qui va remplacer untel ? Mais au moins 500 personnes sur 8 millions le peuvent si les choses se font dans les règles de l’art, en toute légalité.
Il serait difficile de choisir parmi plus de 70 partis politiques, les syndicats et la société civile, prétendants «légaux», des représentants fiables pour conduire la transition guinéenne sans bavure. La médiation de Ouagadougou est dans un lit de Procuste. Elle s’enlise, aussi, dans un dialogue verbeux de recherche de paix. Parce qu’aucun pré-requis n’a été observé de la part de la junte du Cndd en quête de légalisation. Dans le cas en négociation, le pré-requis majeur est, d’abord, la démilitarisation totale de la Guinée. Signe de décrispation et de volonté de négociation de la part de l’armée.
Malheureusement, dans cette médiation, la question n’est pas de rendre l’atmosphère vivable aux populations guinéennes. Le sujet choisi est de disserter sur la problématique : quels leadeurs faut-il pour ces populations sous oppression dans une transition sous pression? Attention à la colère du faible. C’est un souffle puissant et destructeur à la dimension de son désespoir. Celui de la Guinée est immense.
À la place des rounds de table, il faut maintenant commencer à questionner le peuple de Guinée sur qui va le diriger. Au cours de cette transition qui risque de s’embourber sur des insatisfactions, il y a deux options pour le faire : soit un référendum; soit une consultation élargie au niveau des populations sur des personnalisés que l’on propose ici et là. Ceux qui se sont autoproclamés et les autres prétendants. Il sera, simplement, question d'un vote de confiance et de défiance qui qualifiera ou disqualifiera les candidats.
Ce serait un processus dont l’action des partis politiques et de l’armée sera exclue. Seuls les hommes qui les représentent et leur valeur intrinsèque seront évalués pour constituer un Conseil d’État Supérieur. Ses membres constitueront en même temps le gouvernement sous la direction d'un collège représentatif des tendances. Sa tâche sera de remettre en place les institutions nationales, de reviser la Constitution, de gérer l’administration nationale transitoire, de préparer un calendrier électoral et de tenir les élections nationales, sous l’égide de la Cedeao, l’Union africaine et la communauté internationale. Il faut des arbitres.
À ce jeu Dadis lui-même peut participer, l’arme au camp, la vareuse militaire au vestiaire dans une situation de démilitarisation réelle du pays. Qu’on n’essaye pas de lever, encore, le vieux rideau de la souveraineté nationale pour cacher un bourbier dont l’odeur porte déjà très loin. Le respect des droits de l’homme est universel. Il s’agit d’éviter les mauvais précédents en la matière pour plus de paix sur la planète Terre. En faisant partie des organisations régionales et mondiales la Guinée a pris un engagement bicéphale qui l’autorise à intervenir dans les affaires des autres selon les dispositions et vice-versa.
Parallèlement il y a trois choses à mettre en exergue dans un contexte où l’on veut construire une société viable. Elles émargent de la simple décence, puis de l’éthique sociale; et enfin de l’exemple de légalisme restreint au respect même des lois nationales. Abstraction faite des intérêts individuels. Communions ou excommunions?
Premièrement, c’est le respect de la personne humaine. Certaines personnes sont si rassurantes dès que
les guinéens finissent d’enterrer leurs morts. Sans attendre que les blessés soient guéris l’on considère l’effet de la peur chez les populations comme le retour au calme. L’on occulte ainsi la
peur et le traumatisme psychologique que les uns et les autres peuvent ressentir en se remémorant le massacre du 28 septembre 2009 par une armée qui clame son droit de le faire parce que ses
instructions n'ont pas été suivies. Au lieu de chercher à se faire pardonner, par exemple en démilitarisant le pays.
Une question : si les militaires guinéens n’étaient pas en armes et sur pied de guerre, croit-on que les parents des victimes se seraient tenus tranquilles ? Croit-on qu’ils ont oublié et
pardonné déjà? L’on soigne encore … Il serait décent que l’on cesse de publier les écrits tendancieux argumentant sournoisement en faveur d’un « simple accident de parcours ou d'une
bavure » qu’il faut vite oublier et continuer … C’est répétitif et il faut y mettre fin.
Deuxièmement, le respect des ressources humaines guinéennes est indispensable. Quand on parle de personnes à qui s’adresser, pour la direction du pays, tout le monde piétine allègrement la Constitution nationale et les institutions nationales en ignorant qu’il y avait un parti au pouvoir et un gouvernement, une Assemblée nationale, auxquels on a enlevé leurs droits légaux d’être, au nom d’une militarisation rédemptrice. Le vrai complot institutionnel est là avec la participation massive de toutes les représentations en lice dans la médiation de Ouagadougou. Quel leçon, le maitre de «l’imparable » coup d’État contre Thomas Sankara peut-il enseigner en termes de Démocratie?» Que va-t-il réussir à faire mettre en pratique pour la protection du peuple de Guinée en attendant la mise en place du leadeurship transitoire? Pour le moment, rien. Il n’est pas étonnant que le capitaine Dadis confabule de nouveau. La structure de la Rtg a été rénovée à dessein avec des caciques de «l’idéologie au service du peuple». La manipulation par le viol médiatique de la foule va commencer. L’odeur du danger totalitariste! Pendant ce temps, l'on aurait pu s'atteler à sécuriser les populations guinéennes. Il ne faudrait pas s'étonner, plus tard, des faibles taux de participation aux élections nationales.
Troisièmement, la politique militariste doit céder au processus démocratique. Elle est la seule
existante depuis le 3 avril 1984. Outre le multipartisme sauvage qui d'autre a contribué à saqué les bases de l’influence des partis politiques en Guinée? L'interposition de l'armée guinéenne. Le
Pup « le parti qui soutient les actions du gouvernement » n’a jamais pu être un parti qui gouverne parce que ces mêmes militaires étaient là pour soutenir l’indépendance du
Général Lansana Conté vis-à-vis du parti dont son élection dépendait selon « sa propre » Loi fondamentale. Malheureusement le Pup, construit sur des bases régionalistes, s’est effondré après la mort du président dont il «soutenait les actions».
C’est le mal des partis politiques guinéens et africains. Ils soutiennent, toujours, un homme, un nom, un parent, au lieu de construire de véritables partis rassembleurs au sein desquels le droit
et le devoir d’opinion sont admis. Ainsi la trame du complot militaire peut se poursuivre à travers la fallacieuse multitude des partis politiques, les futiles contradictions des leadeurs et la
fatuité des considérations personnalisées.
O. Tity Faye. Journaliste indépendant.